La police judiciaire dresse un premier bilan du «plan stupds», lancé en octobre 2007.
Jean-Jacques Herle, directeur adjoint de la police judiciaire parisienne.
Le « plan stups », lancé en octobre 2007, avait pour but de restaurer la qualité de vie dans 21 secteurs parisiens minés par la drogue. Quel est le bilan ?
Aujourd'hui, nous pouvons dire que neuf secteurs, dont certains se trouvent dans le 10e, le 15e et le 12e, ont retrouvé une bonne physionomie. Elus et habitants peuvent en témoigner. Mais nous ne sommes pas victorieux partout. Il reste douze zones où nous sommes à mi-parcours. Certains quartiers passeront au vert dans quelques mois, sur d'autres nous butons.
Qu'est-ce qui pèche ?
Ce n'est pas une question de moyens mais plutôt de techniques. Globalement, nous n'avons pas eu assez de renseignements sur ces zones, que nous préférons garder confidentielles, et la surveillance a été difficile à mettre en place, parfois en raison de l'urbanisme des cités. Dans ces secteurs, si un trafic tombe, la relève est sur place et s'installe plus facilement. Et puis, là où le trafic est fixé depuis longtemps sur la voie publique, c'est la demande des usagers qui fait revenir les dealers.
Ce qui veut dire que le trafic ne se déplace pas forcément?
Non. Quand les délinquants sont dans un endroit favorable, ils ne se déplacent pas comme ça. Je mettrais juste un bémol sur le trafic de crack dans le 18e qui a pu glisser en périphérie de la Seine-Saint-Denis. Parmi nos futurs objectifs, nous allons poursuivre le travail sur les douze secteurs en cours et en visons déjà quelques nouveaux.