Veste de motard, larges tatouages sur les avant-bras, bouc et dreadlocks. Le look de l'accusé ne laisse pas indifférent. Cyril Koskinas, intérimaire de 27 ans, comparaissait pour la première fois hier devant la cour d'assises de Seine-et-Marne pour l'assassinat d'une prostituée puis de sa maîtresse, à la suite de jeux sado-maso. Les corps ligotés des deux femmes avaient été retrouvés les 19 et 20 juillet 2004, près de l'écluse de Fresnes-sur-Marne, dans le canal de l'Ourcq. Les autopsies ont révélé qu'elles sont mortes noyées.
Passionné de moto et de tuning, issu d'une famille « équilibrée » en dépit d'une scolarité chaotique, Cyril Koskinas est décrit par un ancien employeur comme « ponctuel, poli, gentil ». Un portrait qui contraste avec les mots de l'accusé. Interrogé par le président de la cour sur ses pratiques sexuelles : « Au niveau cul, j'ai presque tout fait. Essayez et vous verrez ! » Devant le juge d'instruction en 2004, il s'était déjà amusé : « Je me suis dit, comment le faire chier un max... J'ai dessiné une petite bite avec deux sacoches sur ma déposition. » Rumeurs dans la salle. Sur le fond, l'accusé nie avoir tué la première victime, orientant les soupçons vers le frère d'une de ses ex-petites amies. Il dit les avoir laissés seuls, avant de revenir chez lui et de faire la découverte du corps dans la baignoire : « Elle ne bougeait pas. Je ne voulais pas avoir d'ennui, je suis parti. C'est un piège à con qu'il m'a tendu... » Une jeune femme était avec lui, Mlle Y, « la soeur de mon ex », Mlle X. Deux témoins clés dont il ne veut en aucun cas révéler l'identité. L'une d'elle serait, selon lui, « trop connue. Je ne veux pas la mouiller. » Quant au second crime, il reconnaît s'être débarrassé du corps, après avoir eu « la surprise de la retrouver morte ou inconsciente », ligotée sur son canapé.
Le témoignage d'un gendarme est accablant. ADN, vidéos, relevés téléphoniques : tout converge vers l'accusé. Assommée par les détails, les jurés étaient dans le flou hier soir. « Lui est convaincu de ce qu'il dit », affirme pour sa part Daphné Pugliesi, son avocate. Les débats reprennent ce matin.