EDUCATION - Les enseignants ont mis fin à leur grève après avoir obtenu la réintégration de sept postes à cheval sur plusieurs établissements...
Les cours vont pouvoir reprendre mercredi matin au collège-lycée Bergson à Paris (19e). Les enseignants
en grève depuis lundi (près de la moitié de l'équipe) ont obtenu du rectorat la réintégration des sept postes d'enseignants à cheval sur plusieurs établissements.
Sept professeurs, d'anglais, d'italien ou encore de mathématiques, s'étaient vu affecter à la rentrée un complément de service dans un autre établissement, douze postes ayant été supprimés au collège-lycée Bergson. Leurs heures restaient malgré tout vacantes à Bergson et devaient être effectuées par des collègues en heures supplémentaires. «C'était complètement ubuesque, raconte Akim, un prof d'anglais de 33 ans. On m'a demandé d'aller donner cinq heures de cours dans le 12e alors qu'une classe de 4e n'avait pas de prof d'anglais à Bergson.» Après de longues tractations, l'enseignant a obtenu de prendre en charge les trois heures de cette classe ainsi que deux heures de DSA (dispositif de socialisation et d'apprentissage) à Bergson.
Contacté par 20minutes.fr, le rectorat de Paris a reconnu «un traitement un peu technocratique» de la situation dans ce collège-lycée. «Il est malgré tout très courant que des professeurs de langue rare, comme l'italien, enseignent dans deux établissements», a fait valoir Philippe Cocquebert, directeur de cabinet du rectorat. «Mais nous avons décidé de donner satisfaction à l'équipe pédagogique du fait des particularités de Bergson, qui est le seul grand lycée général du 19e, avec une population mixte et un contexte fragile», ajoute-t-il.
Le dispositif a atteint «ses limites»
Autrement dit, pas question de donner satisfaction à toutes les revendications des établissements de l'académie de Paris, où 104 postes supprimés ont été compensés par des heures supplémentaires. Les enseignants du lycée Carnot (17e) en ont fait l'expérience, qui n'ont pas obtenu gain de cause après leur grève, jeudi, contre les classes «surchargées». «La situation de ce lycée du 17e est à l'opposé de celle de Bergson», estime Philippe Cocquebert.
Malgré tout, l'exemple du lycée Bergson pourrait faire des émules à Paris ou ailleurs. Le principal syndicat des proviseurs et principaux, le
SNPDEN, a ainsi mis en garde contre la multiplication des heures supplémentaires d'enseignement, estimant que ce dispositif avait atteint «ses limites» cette année. «Si on a réussi à convaincre les enseignants de faire 2-3 heures, on aura du mal à les convaincre (l'an prochain) de faire 6 ou 7 heures», selon le responsable syndical, Philippe Guittet. En 2009, 13.500 suppressions de postes sont annoncées.
Catherine Fournier (avec agence)