Le maire socialiste de Sarcelles (Val-d'Oise), François Pupponi, ne décolère pas contre le documentaire de l'émission « 66 Minutes ». Et réfléchit à « une action en justice contre M6 pour diffamation ». Mercredi soir, la chaîne a diffusé un reportage intitulé « Un été à Sarcelles ». L'objectif était de suivre plusieurs habitants qui n'ont pas pu partir en vacances faute de moyens. Mais pour l'édile, le sujet, qui « met l'accent sur la délinquance », assène « des contrevérités », par exemple sur la fermeture des services sociaux.
Une manifestation d'une quinzaine de personnes, représentant plusieurs associations de Sarcelles, a d'ailleurs eu lieu hier devant le siège de la chaîne. Le rédacteur en chef et la présentatrice de l'émission les ont reçus pour expliquer pourquoi « des habitants à l'abandon socialement » avaient été retenus pour le sujet.
Un argument insuffisant pour François Pupponi, qui dénonce les conséquences sur les Sarcellois. « Aujourd'hui, je cherche à savoir si une ville dont l'image est massacrée a le droit de se défendre. »
D'ores et déjà, la chaîne et la municipalité ont prévu d'organiser un débat public sur l'impact du documentaire. « Dans ce reportage, il y a une volonté de stigmatiser les villes populaires », estime Christelle Evita, membre d'une association de Villiers-le-Bel. Pour Laurent Mucchielli, sociologue au CNRS, cette « stigmatisation des médias dure depuis les années 1980-1990. Je crois que la ghettoïsation accentue les peurs et les rejets réciproques », note-t-il.