Pour la CGT de Seine-Saint-Denis, la création d'un deuxième conseil des prud'hommes dans le département est devenue une urgence. Alors que la campagne pour les élections prud'homales, programmées le 3 décembre, vient de démarrer, le syndicat dénonce la saturation du tribunal de Bobigny. C'est le deuxième de France avec 5 000 nouveaux conflits entre employeurs et salariés enregistrés l'an passé. « Selon le Code du travail, un juge départiteur, sollicité lorsqu'un accord n'a pu être trouvé par les conseillers, a un mois pour rendre sa décision. A Bobigny, l'attente est de deux ans », déplore Eric Lamy, conseiller des prud'hommes et élu CGT. En début d'année, 2 600 dossiers étaient en attente de départage. Sur l'ensemble des affaires, qui concernent beaucoup de « licenciements abusifs », selon le syndicat, un certain nombre est lié à l'activité de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. « C'est un bassin d'emploi de 80 000 salariés, sur 430 000 que compte le département », précise Eric Lamy. Si la CGT insiste sur ce deuxième tribunal, qui pourrait se situer près de la zone aéroportuaire, c'est aussi en raison de l'augmentation du nombre de salariés dans le département. « Nous constatons de nombreuses implantations à La Plaine-Saint-Denis et à Montreuil. Cela fait potentiellement plus de dossiers », remarque le conseiller.
En raison de la réforme de la carte judiciaire, une trentaine de conseillers prud'homaux seront affectés au tribunal de Bobigny à partir de janvier. Mais pour le syndicat, le compte n'y est vraiment pas.