Si le PSG reste le seul club parisien à évoluer en L1, depuis une vingtaine d'années, il voit régulièrement passer les projets de deuxième club francilien. En 1982, le patron de Matra, Jean-Luc Lagardère, investit en masse dans le ballon rond, avec comme ambition de faire renaître le Racing. Malgré les millions investis, les résultats ne suivent pas et Lagardère se retire en 1989. En 1996, la construction du Stade de France a fait naître l'idée d'« un grand club banlieusard à vocation européenne », susceptible d'évoluer dans cette nouvelle arène. Dans ce but, Saint-Leu, qui évolue en National, fusionne avec l'US Saint-Denis. Trois ans plus tard, le projet capote. La liste des projets avortés est longue. D'Alain Afflelou à Créteil aux multiples repreneurs du Red Star, tous s'y sont cassé les dents.
A l'étranger cependant, une initiative similaire à celle de l'UJA aujourd'hui a été lancée en novembre 2007. Le club d'Ebsfleet United, près de Londres, est tombé dans les mains du site myfootball.co.uk., qui a réussi à convaincre 50 000 propriétaires internautes d'investir 72 dollars chacun dans ce club de cinquième division. Ce qui ne veut toutefois pas dire autant de supporters. « Dans ce type de projet, le supporter qui encourage son équipe au stade n'est pas très important. Il est remplacé par la figure du "socio actionnaire", qui peut simplement assister aux matchs devant son ordinateur. Le socio s'approprie le club par son argent et son investissement dans l'organisation, pas par son activité au stade. C'est un autre rapport au club », assure Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste du football à l'Ecole centrale de Lyon.