Si les murs ont des oreilles, celui érigé en juillet avenue Fouilleuse, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), doit entendre les siennes siffler. Depuis quelques mois, la cité du Clos des Terres Rouges est en pleine opération de rénovation. Mais l'installation d'un mur en béton juste devant les immeubles crée la polémique.
Selon le maire (UMP) de la ville, Patrick Ollier, ce projet constitue une chance pour les habitants car il « va améliorer la vie de la cité et renforcer la sécurité, notamment celle des enfants ». Mais de l'autre côté du décor, la réjouissance est moindre. Mesurant jusqu'à 3 m de hauteur à certains endroits, « le mur de Berlin », comme certains l'appellent, laisse les habitants dans l'incompréhension : « Tous les arbres ont été coupés pour être remplacés par ce mur horrible dont on ne comprend pas l'utilité », déclare un résident. De son côté, le maire s'irrite : « C'est une polémique stupide pour un projet qui n'est pas achevé. C'est un mur de soutènement afin que la route ne s'effondre pas, il sera recouvert de végétation ». « Oui, mais pourquoi le faire aussi haut ? Il faudrait réduire sa hauteur de moitié et mettre des grilles à la place », s'insurge un habitant. Bertrand Rocheron, président du groupe d'opposition Ensemble, changeons Rueil, dénonce un réel manque d'information : « Cette restructuration est censée ouvrir le quartier vers l'extérieur, mais ce mur le renferme ! » Au contraire, pour le maire « cela permet une coupure entre le domaine public et privé ». Quant aux habitants, ils attendent patiemment la réunion prévue ce soir avec la mairie et le bailleur social pour enfin briser ce mur du silence.