Successivement caserne de pompiers et internat d'élèves policiers, le collège des Bernardins (5e) était jusqu'ici « un bâtiment inconnu des Parisiens ». Caché par une enceinte pendant des années, cet édifice cistercien du XIIIe siècle, très dégradé, faisait seulement rêver les spécialistes qui souhaitaient le rénover. C'est chose faite.
Hier, les restaurateurs du collège et le diocèse de Paris, à l'origine du projet - après avoir racheté les lieux à la Ville de Paris -, ont présenté le résultat de près de cinq ans de travaux, dont le coût s'élève à 50 millions d'euros. « De nombreuses personnes étaient perplexes sur la rénovation. Même la Ville ne s'y était pas risquée », a souligné hier Bertrand de Feydeau, économe du diocèse. Le résultat est étonnant. Dans l'ancienne sacristie, la reproduction d'un tombeau d'un des premiers abbés du collège tranche avec des lustres modernes. Du mobilier dernier cri a également été disposé dans les superbes salles de conférences voûtées. Le lieu sera désormais destiné à accueillir des expositions, des rencontres et des débats, et proposera des formations, le tout basé autour d'un thème central, « La question de l'homme et son avenir ». Ainsi, des débats sur « Le sacré dans la publicité » ou encore « L'entreprise, acteur d'insertion ? » seront proposés dans les mois à venir. Au risque d'être parfois en contradiction avec les idées de l'Eglise. « Ce sont des questions que rencontrent les chrétiens dans leur vie », a justifié l'archevêque de Paris, André Vingt-Trois.