Le bureau des taxis, dans le 15e, s'attend à un embouteillage à ses guichets début septembre. En effet, cinq cents licences doivent être attribuées gratuitement d'ici à la fin de l'année, comme l'avait annoncé au printemps la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie (UMP), afin de pallier la pénurie de taxis dans la capitale. Et, d'ici à 2012, environ 4 000 autres devraient être délivrées, pour arriver à un peu moins de 20 000 véhicules en circulation.
En 2002, 1 500 nouvelles licences avaient déjà été promises sur cinq ans, mais seulement 1 000 avaient été accordées début 2008. « La ministre ne fait que solder ce qui avait déjà été négocié », pointe Jules-Franklin Robin, du Syndicat de défense des conducteurs de taxis parisiens (SDCTP), qui regrette « l'effet d'annonce » et ses dommages collatéraux. « Début 2008, une licence valait 200 000 euros. Aujourd'hui, c'est 140 000 euros. Rendez-vous compte du drame pour leurs propriétaires ! » Et il prédit qu'elles auront perdu « la moitié de leur valeur d'ici à la fin de l'année ». D'autres syndicats et le chef du bureau des taxis à la préfecture de police, Yves Nardin, estiment pour leur part que cette chute est en grande partie due au rapport Attali, qui prévoyait une libéralisation de la profession.
Le plus grand bénéfice devrait revenir aux usagers, qui se plaignent du manque de taxis aux heures de pointe, ainsi que le week-end. « Sur les trois dernières années, l'augmentation de clientèle potentielle, basée sur les nuitées d'hôtel et les fréquentations des gares et des aéroports, est de 10 % », justifie Yves Nardin. Les premiers effets ne devraient pas être visibles avant quelques mois en raison des démarches administratives que doivent effectuer les candidats, tous inscrits en moyenne depuis dix-huit ans sur une liste d'attente.
Mais la Fédération nationale des artisans du taxi réfute cet argument. « Créer des licences ne va pas régler le problème de la pénurie pour les usagers, car ceux qui vont les obtenir étaient déjà taxis en en louant une. Et comme la profession suscite de moins en moins d'intérêt, ils ne seront pas remplacés », s'indigne Hélène Manceron, sa porte-parole.