Certains commerçants parisiens pratiquent « l'entraide », « le système D », voire « les bakchichs » pour sortir leurs poubelles. Alors que les éboueurs de la Ville entament une grève ce matin contre la privatisation du service de ramassage dans quatre arrondissements, des représentants d'associations de commerçants du 17e ont rendez-vous ce soir avec leur mairie pour tenter de trouver une solution à un problème récurrent : la verbalisation croissante pour poubelles sur le trottoir en dehors des heures légales.
« La loi nous oblige à les sortir à 6 h 30. Si la benne est en retard, nous nous faisons verbaliser. C'est 600 euros », explique Valérie Cartozo, présidente de l'association Batignolles en fête, qui évoque de « nombreuses contraintes ». « Si nous n'habitons pas sur place, nous devons faire sortir nos poubelles par un voisin. Certains commerçants emmènent leurs cartons chez eux, jusqu'en banlieue, car c'est plus facile de les jeter là-bas. Ou alors il faut essayer « d'être bien » avec les éboueurs pour qu'ils les prennent avec les ordures ménagères », raconte cette restauratrice. Un autre commerçant confie que « les gardiens d'immeubles n'ayant pas à sortir nos poubelles, on doit leur donner un bakchich pour qu'ils le fassent ». L'affaire se corse encore au sujet des PV pour poubelles éventrées. « C'est arrivé à un pharmacien. Des gens avaient fouillé ses poubelles et tout laissé en plan. Il a écopé d'une amende », relate Valérie Cartozo.