Trois jeunes gens blessés par balles par des policiers hors service

Publié le 30 mai 2008.

PARIS - Cela s'est produit dans la nuit de mercredi à jeudi dans le 10e arrondissement...

Trois jeunes gens ont été blessés par balles, dans la nuit de mercredi à jeudi dans le 10e arrondissement de Paris, après une altercation avec deux policiers, qui n'étaient pas en service et sortaient d'une soirée arrosée. Selon les premiers éléments de l'enquête, au moins un d'entre eux a tiré avec son arme de service.

Ces deux policiers et les trois jeunes gens, dont l'un, blessé «dans la région du dos», est hospitalisé dans un état jugé «sérieux», ont été placés en garde à vue. Les policiers, a annoncé le ministère de l'Intérieur, «ont été suspendus» par la ministre Michèle Alliot-Marie, «à titre conservatoire en l'attente des conclusions et des résultats de l'enquête». On ignore si les deux autres jeunes gens, blessé pour l'un aux chevilles pour l'autre sans doute au bas du dos, sont encore hospitalisés mais leur état inspire «moins d'inquiétudes». Un policier a également été blessé durant l'altercation.

Les policiers ont «bu plus que de raison»


Selon les premiers éléments de l'enquête, les deux policiers en poste au service régional des transports (SRPT) chargé de la sécurité dans les transports en commun en région parisienne et dépendant de la préfecture de police de Paris (PP), auraient «bu plus que de raison» dans un bar situé boulevard de Strasbourg.

Dans la rue, ils ont eu une altercation avec une dizaine de jeunes gens pour des raisons «qui doivent être éclaircies» et qui «sont encore très confuses», selon une source policière. Dans des conditions encore mal définies, «au moins» l'un des deux policiers a fait usage de son arme de service et a blessé trois des jeunes gens.

Le problème des armes de service


L'enquête devait «s'attacher à vérifier si le second policier a tiré des coups de feu également», a fait valoir la source policière. L'Inspection générale des services (la «police des polices») et la 2e division de police judiciaire (DPJ) ont été saisies de l'enquête par le parquet de Paris, selon la PP, et le préfet de police a ouvert une enquête administrative.

Cette affaire pose à nouveau le problème des armes de service des policiers qu'ils peuvent transporter et détenir même en dehors de leurs heures de service. La récente vague de suicides de policiers au début de l'année 2008, qui avait inquiété les syndicats de police, avait mis en exergue cette question, ces suicides ayant été perpétrés le plus souvent à l'aide de l'arme de service.
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