Peut-être parce qu'elle est prise en étau entre le poids d'un patrimoine riche et dense et une superficie réduite, l'architecture contemporaine parisienne a souvent soulevé la polémique. «Les Halles et le Centre Pompidou en leur temps ont cristallisé les mécontentements, rappelle Jacques-Franck Degioanni, architecte et journaliste au Moniteur. Trop moches, trop chers, pas assez fonctionnels... C'est une ritournelle habituelle.»
· Beau et après?
Le projet de la Cité de la mode et du design signé Dominique Jakob, près de la gare d'Austerlitz, s'est paré d'une audacieuse structure verte intitulée «Plug Over». Loin d'être innovant, le «truc vert» (son surnom) - à l'esthétisque discutée - cache, en fait, un simple projet décevant de centre commercial dédié au luxe.
· A quoi ça sert?
L'utilité de ces bâtiments à l'architecture novatrice est souvent remise en question. «Seuls quelques aménageurs et architectes peuvent se permettre de construire des bâtiments sans savoir ce qu'ils vont y mettre», ironise Jacques-Franck Degioanni. C'est notamment le cas de Bernard Arnaud, qui va construire sa Fondation Vuitton au coeur du bois de Boulogne. Le projet de Franck Gehry est splendide, mais le projet muséographique, lui, est encore inexistant.
· Est-ce bien pratique?
Les grands architectes sont souvent accusés de penser davantage à la forme, au geste artistique, qu'aux utilisateurs. Ainsi, Dominique Perrault, architecte de la Bibliothèque nationale de France souhaitait «élever le visiteur vers la connaissance». Mais il a entouré son bâtiment de marches glissantes, alors que l'accès aux salles se fait par d'étroits escalators en sous-sols...