A Trappes en Yvelines, certains parlent de « réunification » en évoquant le mur de Berlin. L'enfouissement de la RN10, dont le projet est exposé depuis hier à la mairie, a pour ambition de réunir le centre historique, où se trouvent l'hôtel de ville, la gare et les commerces, avec les quartiers nord, immense cité dortoir où est concentré l'essentiel des habitants de cette ville aux 76% de logements sociaux. La disparition de la « cicatrice » qu'est cette route nationale constitue le projet phare de la rénovation urbaine de Trappes. La ville en est à mi-parcours de ce chantier, mais elle est citée comme la plus aboutie de tous les projets lancés par l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) avec près de 280 millions d'argent public débloqués.
Pour qui n'a pas connu Trappes avant, la transformation ne saute pas forcément aux yeux. D'autant que seuls 500 nouveaux logements en accession à la propriété (souvent des pavillons) sont déjà construits, pour le double prévu. Désenclavement et résidentialisation sont parfois discrets : ici un trottoir tout neuf, là un digicode, un peu plus loin une aire de jeux pour enfants dans ce qui était un dépotoir. « La ville s'éloigne de jour en jour de la caricature qui en est faite », note Pierre Le Doze, président des comités de quartier.
Guy Malandain, le maire (PS) réélu dès le premier tour en mars dernier, se targue quant à lui d'avoir « divisé par deux les violences urbaines » depuis 2001. S'il admet quelques retards de calendrier lorsqu'il faut reloger les familles, en général « le calendrier est tenu ». Une rareté, en effet.