En prison depuis six ans et demi pour le meurtre d'une femme sur le pont de Neuilly (Hauts-de-Seine) en 2001, Marc Machin appréhende les heures à venir. Cet après-midi, la commission de révision des condamnations pénales doit examiner sa demande de suspension de peine, formulée après l'apparition d'un nouveau suspect. En mars dernier, David Sagno, 34 ans, s'est rendu au commissariat de la Défense pour s'accuser du meurtre de Marie-Agnès Bedot, le 1er décembre 2001, et de celui de Maria-Judith Araujo, le 22 mai 2002, toujours sur le pont de Neuilly.
La commission, composée de cinq juges de la Cour de cassation, prévoit de siéger à huis clos partir de 15 h pour entendre l'avocat de Marc Machin, qui a écopé en appel de dix-huit ans de prison, en 2005. La famille de la victime et l'avocat général seront aussi entendus. « Les nouveaux éléments, comme les traces d'ADN de David Sagno sur les vêtements de la première victime, sont suffisants pour que la commission demande une suspension de peine », indiquait hier Me Louis Balling, défenseur du condamné. L'avocat affirme qu'il fournira « un nouveau témoignage venant fragiliser la thèse du meurtre commis par Marc Machin ». Pour Me Bérenger Tourné, avocat de David Sagno, le dossier est moins clair qu'il n'y paraît, pointant des « troubles psychiatriques » chez son client.
La commission devrait rendre sa décision d'ici à deux semaines. « Nous sommes aux prémices d'un bouleversement judiciaire, relève Louis Balling. Ce serait étonnant que ce procès ne soit pas révisé. »