Les sans-papiers veulent se réapproprier leur mouvement. Depuis vendredi, la Coordination 75, qui regroupe plusieurs collectifs de la capitale, a installé un campement d'environ trois cents personnes dans un immeuble de la CGT, près de la place de la République (3e). « Nos sans-papiers ont les mêmes profils que ceux parrainés par la CGT », tonne Mamoudou Diallo, l'un des porte-parole de la Coordination. Des familles ont rejoint le campement, et nuit après jour, la vie commence à s'organiser.
Espérant s'engouffrer dans la brèche ouverte avec l'examen au cas par cas des neuf cents dossiers déposés par la CGT et Droits devant !, la Coordination a tenté la semaine dernière de déposer un millier de dossiers en préfecture, mais a trouvé porte close. D'où cette colère contre le syndicat. « Le gouvernement est sur la défensive, il recule, c'est le moment de l'acculer ! La CGT, elle, se contente de promesses, alors qu'elle n'a obtenu que trois régularisations, celles des employés du restaurant de la Jatte à Neuilly (Hauts-de-Seine) ! », ajoute Mamoudou Diallo.
Le syndicat regrette l'occupation de ses locaux et dénonce « la provocation de la préfecture qui a renvoyé les collectifs sur la CGT, faisant appparaître cette dernière comme l'antichambre de la préfecture ». La Coordination 75 a beau dire qu'elle veut simplement « interpeller » le syndicat, ce mouvement risque de faire le jeu du gouvernement. Selon la Coordination, « la CGT menace de recourir à la force publique pour nous faire évacuer ce lundi matin ». Ce que le syndicat n'a pas confirmé.