Le bal des représentants français à Pékin n'en finit plus pour tenter de pacifier les relations franco-chinoises, mises à mal depuis que le maire socialiste de Paris a fait du dalaï-lama un citoyen d'honneur de Paris (lire également en page 14). Lundi, cette décision avait fait polémique au sein de son propre camp, Christophe Girard, l'adjoint (PS) chargé de la Culture, pourtant proche du maire, ayant annoncé qu'il s'abstiendrait sur la question. Jean-Pierre Raffarin a déclaré hier à la presse chinoise qu'il avait « très honte que le Conseil de Paris ait voté une décision qui va à l'encontre des efforts du président Sarkozy pour améliorer les relations sino-françaises », et a parlé d'une « faute politique ». Des propos qualifiés de « déplacés » par la Ville.
Bertrand Delanoë n'en est pas à son coup d'essai dans ses prises de position internationales. Il s'était distingué en février 2003, lorsqu'il avait profité d'une visite du chef d'Etat russe, Vladimir Poutine, à Paris pour l'interpeller sur la Tchétchénie. « Nous avons vécu comme un choc la dramatique prise d'otages du théâtre de la Doubrovka », avait-il déclaré, demandant qu' « une solution politique soit trouvée en Tchétchénie ». En décembre dernier, il avait été très virulent lors de la visite du colonel Kadhafi. Il avait évoqué une « faute politique », une « débauche de frime ». « Il y a une part de cynisme dans la politique étrangère française (...) que je trouve coupable, parce que discuter ne veut pas dire dérouler le tapis rouge et donner tous les fastes de la République pour quelqu'un qui reste très contestable », avait-il taclé.