Sans-papiers soutenus par les patrons

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Publié le 17 avril 2008.

SOCIAL - Attablés dans le restaurant fermé, une vingtaine de cuistots et plongeurs africains ont monté depuis mardi un piquet de grève. Le mouvement « durera jusqu'à la régularisation », jure Traoré Issaga, le porte-parole des vingt-six salariés de la chaîne ...

Attablés dans le restaurant fermé, une vingtaine de cuistots et plongeurs africains ont monté depuis mardi un piquet de grève. Le mouvement «durera jusqu'à la régularisation», jure Traoré Issaga, le porte-parole des vingt-six salariés de la chaîne de restaurant du Sud-Ouest Chez Papa. Comme eux, plus de 250 employés sans papiers d'une vingtaine d'entreprises franciliennes sont dopés par le succès de certains de leurs prédécesseurs. Des employés du restaurant la Grande Armée, de Buffalo Grill ou de Modeluxe avaient en effet obtenu des papiers après leur mobilisation. Mais pour la première fois, certains de ces grévistes ont reçu le soutien de leur patron.

Johann Le Goff, gérant de Konex, vient de fédérer une quarantaine d'employeurs pour obtenir la régularisation de leurs salariés. Point commun à tous: ils travaillent dans des secteurs dits «sous tension» c'est-à-dire en déficit de main-d'oeuvre, et sont parfois contraints d'embaucher des étrangers. «Ils ont besoin de bosser, et moi de bras», plaide Bruno Druilhe, patron de Chez Papa, qui emploie depuis des années des sans-papiers «sans le savoir». Comme nombre d'employeurs, c'est à la suite du décret de juillet 2007, l'obligeant à vérifier auprès de la préfecture l'authenticité des documents présentés par ses salariés, qu'il a découvert que ces papiers étaient faux. Certains avaient alors décidé de se séparer de leurs employés. Pour la CGT, «les patrons, après les avoir longtemps exploités, sont obligés de bouger car ils veulent les garder». Le PCF, également impliqué dans cette bataille, assure que le mouvement est en train de s'élargir.

Sophie Caillat
texte Une circulaire de janvier 2007 invite les employeurs «de bonne foi» ayant embauché des sans-papiers à se présenter à la préfecture pour obtenir leur régularisation. Une liste des secteurs «sous tension» y est publiée. L’application du texte est laissée à l’appréciation des préfets.
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