Annick Lepetit, député PS de Paris, a souligné jeudi que la politique menée par Nicolas Sarkozy constituait non pas une "rupture" comme annoncé, "mais une accélération des mesures favorables aux plus nantis sans s'occuper de la majorité des Français".
Annick Lepetit, député PS de Paris, a souligné jeudi que la politique menée par Nicolas Sarkozy constituait non pas une "rupture" comme annoncé, "mais une accélération des mesures favorables aux plus nantis sans s'occuper de la majorité des Français". - Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

Recueilli par Magali Gruet ©2008 20 minutes

Annick Lepetit, adjointe (PS) au maire de Paris chargée des Transports, révèle les grandes lignes de sa politique à 20Minutes.

Quelles vont être vos priorités ?

On peut les hiérarchiser en termes de calendrier. Une enquête publique doit démarrer dans les prochaines semaines pour le prolongement du tramway jusqu'à la porte de la Chapelle (18e). Je souhaite que l'on intègre le prolongement jusqu'à la porte d'Asnières (17e), car de gros projets d'urbanisme sont en cours pour ces quartiers périphériques. Bien entendu, l'Etat doit s'impliquer, en par­ticulier sur le financement. Le début des travaux est prévu pour 2009, et la livraison pour fin 2012 à la Chapelle. Les priorités seront aussi Autolib' et les navettes fluviales, dont la première sera inaugurée en mai. Il faudra travailler sur les cars de tourisme, car en ce moment il y a du laisser-aller. Et il faut s'occuper des taxis. Bertrand Delanoë a proposé la création d'une agence du taxi. Elle est très attendue par les professionnels.

Quels axes de voirie restent à aménager ?

Le maire s'est engagé à revoir l'aménagement sur les boulevards Port-Royal (5e) et Saint-Marcel (13e). Les services de la Ville sont en train d'y travailler. Il faut voir ce que nous pouvons faire pour les piétons, qui rencontrent le plus de difficultés. Sinon, nous avons deux projets dont il faut lancer les études approfondies: la place de la République (3e) et l'avenue de Clichy (17e). Sur cette dernière, qui pénètre dans Paris, il faut réfléchir avec clairvoyance. L'idée n'est pas de déverser les voitures dans les quartiers alentour.

Appuierez-vous la création d'un métro de rocade en banlieue?

Je suis frappée par le retard que nous avons en Ile-de-France sur les transports en com­mun à cause du désengagement de l'Etat. Métro­phérique est un projet positif. Après, il faut savoir comment on finance. La Ville participera. Quelle est la position de l'Etat? Il nous dit que les caisses sont vides, mais nous n'accepterons pas qu'il n'y contribue pas. Je ne ferme aucune porte, notamment un partenariat public-privé, un grand emprunt populaire, tout est possible. Il se peut aussi que les entreprises acceptent de verser plus, en échange d'améliorations réelles pour leurs salariés.

Que comptez-vous faire pour les modes de circulation «doux»?

Nous prévoyons 200 km supplémentaires de pistes cyclables, même s'il faut arrêter de raisonner en termes de nombre de kilomètres. Faisons-en là où c'est nécessaire. Prenons en compte les remarques des utilisateurs et la dangerosité. Par exemple, rue Damrémont (18e), la piste en contresens qui est envisagée n'est peut-être pas justifiée. Il faut aussi réfléchir à la circulation des piétons, et à la signalisation qui leur est dédiée.

Prévoyez-vous des actions?

J'aimerais faire quelque chose autour des transports en commun, pour y attirer ceux qui ne les utilisent jamais et qui ont parfois des a priori face à ce mode de transport. Pourquoi ne pas créer un événement sur les boulevards des Maréchaux?