• Johnny Hallyday est mort à 74 ans des suites d'un cancer des poumons dans la nuit de mardi à mercredi dans sa maison de Marnes-la-Coquette.
  • A l'aube, un important dispositif de sécurité a été mis en place aux abord de la résidence du chanteur.
  • De nombreux fans sont venus rendre «un dernier hommage».

Changement de décor. Nous avions quitté Marnes-la-Coquette juste avant le week-end, entre crainte et sérénité. Ce mercredi, cette commune de 1700 âmes des Hauts-de-Seine s’est retrouvée sous le feu des projecteurs et dans le tourbillon médiatique après l’annonce du décès de l’administré le plus célèbre de la ville : Johnny Hallyday.

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Vers 5 heures du matin, quelques heures après la mort de la star à 74 ans des suites d’un cancer du poumon, les abords du domaine « La Savannah » - propriété du chanteur depuis 2000 - ont en effet pris des allures d’une forteresse assiégée.

Un dispositif de sécurité a été déployé autour du domicile de Johnny Hallyday «La Savannah» à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) où s'est éteint le rockeur.
Un dispositif de sécurité a été déployé autour du domicile de Johnny Hallyday «La Savannah» à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) où s'est éteint le rockeur. - Thomas SAMSON / AFP

Dispositif de sécurité et policiers dans les bosquets

« La ville n’aura pas assez d’effectifs en termes de sécurité publique et de voirie et fera sans doute appel à nos services techniques », indiquait vendredi à 20 Minutes, la communauté d’agglomération qui englobe notamment Marnes-la-Coquette, l’une des villes plus riches de France, surnommée « le village près de Paris » ou « village des milliardaires ». Le dispositif se rapprocherait de ce que l’on connaît avec Vigipirate », concluait une source de l’agglomération.

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Effectivement, à l’aube ce mercredi, une dizaine de cars de CRS se succède sous les yeux d’une foule de journalistes et de photographes. Très vite, un camion livre des barrières tandis que dans les bosquets, derrière « La Savannah », la police stationne et fait barrage pour éviter toute intrusion de journalistes et de paparazzis. Pour venir renforcer cet important dispositif de sécurité, un bus des forces de l’ordre est également stationné au milieu d’une rue afin de bloquer la circulation.

De leurs côtés, des proches du rockeur, notamment l’homme d’affaires Jean-Claude Darmon ou encore le chanteur Yodélice - avec lequel Johnny travaillait sur son prochain album - s’engouffrent dans le domaine, sous le crépitement des flashs. Quelques instants plus tard, c’est au tour des fans endeuillés de venir encercler la résidence pour rendre un « dernier hommage » au Taulier.

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« La mort de Johnny, c’est comme si on me coupait les couilles »

Nous avons rencontré Philippe et son chien Jojo, Yves, Alain, Geneviève, José, André ou encore Françoise. Toutes et tous, fans inconditionnels de « l’idole des jeunes », sont désoeuvré(e) s, au moment du lever du soleil. « La mort de Johnny, c’est comme si on me coupait les couilles », gouaille José qui revient sur son réveil brutal.

« Ce matin, j’ai failli m’ouvrir les veines. Là, je veux rentrer dans la maison et mourir près de lui » poursuit celui qui a vu Johnny 700 fois. « Ça va être très compliqué de vivre sans lui », abonde Françoise, 66 ans, fan de Johnny depuis l’âge de 8 ans, venue avec son tee-shirt des Vieilles Canailles et sa banderole à l’effigie du rockeur. 

Quelques minutes plus tôt, Yves est venu déposer des fleurs et exposer ses tatouages à la gloire du Taulier. Sa fille s’appelle d’ailleurs Laura. Geneviève, mouchoir en main, lunettes de soleil et chapeau de velours vissé sur la tête, arrive devant les barrières. Elle ne retient plus son émotion.

« Johnny c’est le compagnon d’une vie. Je le suis depuis l’enfance et il m’a accompagné à travers ses succès. J’ai toujours aimé sa gentillesse. Aujourd’hui, j’ai énormément de chagrin », lâche-t-elle. Alain, non plus, ne peut contenir ses larmes. « Aujourd’hui, nous allons lui donner tout l’amour qu’il nous a apporté », assure ce fan de 65 ans, venu de Chalons-en-Champagne (Marne). Les habitants de la ville, eux, oscillent entre léger ras-le-bol et souvenirs.

« Mourir ça arrive à tout le monde. Alors, buvons un coup de blanc »

« Ça fait chier, c’est bloqué. On est obligés de faire le tour », s’insurgent des joggers excédés en arrivant vers les barrières. Une femme tente de se renseigner sur la suite des événements dans sa commune. « Ça risque d’être le bazar comme ça plusieurs jours », lui répond un policier. Enfin, dans les bistrots et restaurants des environs, chacun y va de son hommage. A sa façon.

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Au restaurant « La Tête Noire » qui diffuse une playlist spéciale, on évoque les souvenirs en sortant les photos. Johnny y est venu en septembre dernier. Son menu préféré : Foie de veau et baba au rhum. A quelques kilomètres, au bar-tabac, Quelque chose de Tennessee résonne. « Qu’il repose en paix », lance un habitué au comptoir. La patronne, qui n’a « jamais été fan » de Johnny, lâche tout de même sa petite anecdote.

« Le personnel de Johnny venait de temps en temps ici lui acheter des Gitanes sans filtre. Il n’en trouvait pas aux USA ». « Là-bas, les Gitanes, y en a pas ! Et moi, j’aime pas les blondes. A part les gonzesses », avait d’ailleurs déclaré la rock star. Un client entre dans le troquet, jette un œil à la télé, s’accoude au zinc et débite : « Mourir ça arrive à tout le monde. Alors, buvons un coup de blanc ».