• Les navettes de 12 places (dont une pour l’agent) rouleront à 10 km/h.
  • C’est la troisième expérimentation de véhicules autonomes à Paris.
  • Le choix de la lancer à l’automne et en hiver n’est pas innocent.

« Promenons-nous dans les bois… dans un véhicule autonome. » Après une expérimentation entre les gares de Lyon et d’Austerlitz, une autre à l’esplanade de La Défense, le bois de Vincennes va accueillir des navettes autonomes. A partir de vendredi et pendant six mois, deux navettes EasyMile de douze places (dont six assises) vont arpenter les allées du bois à 10 km/h du vendredi au dimanche et les jours fériés de 10 heures à 20 heures.

Toujours avec un agent à bord

Leur trajet (gratuit, bien évidemment) ? De la station Château de Vincennes (ligne 1) au parc Floral dans un premier temps (400 m). Et peut-être « une extension progressive » jusqu’à l’avenue du Tremblay (3 km) puis à la Cartoucherie (4 km), annonce Mathieu Dunant, directeur de l’innovation pour le groupe RATP dont dépend le programme véhicules autonomes.

>> A lire aussi: Moins d'accidents mais plus de chômeurs, le (faux) procès des véhicules autonomes

Les navettes circuleront dans un premier secteur sur la voie publique protégée avec des plots en bétons pour éviter tout face-à-face avec une voiture. Dans l’allée des Minimes dans le bois de Vincennes, elles côtoieront « piétons, cyclistes, joggeurs voire cavaliers », énumère ce haut cadre de la RATP. Dans le véhicule, les voyageurs seront au contact d’un agent. « A chaque fois, poursuit Mathieu Dunant, car la réglementation ne permet pas de se passer de quelqu’un à bord. On teste techniquement les navettes mais on souhaite aussi accueillir les usagers avec ce type de service. Pour eux, il y a un sentiment de confort, de sécurité. » Dans l’enquête IFOP menée sur les navettes autonomes de La Défense que 20 Minutes a pu consulter, 99 % des utilisateurs disent leur satisfaction pour la présence d’un accompagnateur à bord et 98 % pour le sentiment de sécurité à bord.

Le choix de l’hiver comme une évidence

« Cette expérimentation du bois de Vincennes préfigure une vraie ligne de bus », indique Stéphane Beaudet, vice-président de la région Ile-de-France en charge des transports. Le cas échéant, la RATP répondra favorablement à la demande d’Ile-de-France Mobilités (ex-Stif). « Avec les navettes, on ne fait pas seulement de la démonstration de parking, on teste aussi des services aux voyageurs », lance Mathieu Dunant.

Ile-de-France Mobilités, la Ville de Paris et la RATP ont choisi l’automne et l’hiver « volontairement, dixit le directeur de l’innovation de la régie, car ces saisons sont moins propices que l’été pour les usagers avec la pluie, le froid, la nuit qui tombe tôt. On offre un service. » Le choix de n’assurer la desserte que les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés a été dicté par « la période de fréquentation plus élevée du bois de Vincennes ».

Sur le pont Charles-de-Gaulle près de 30.000 voyageurs étaient montés dans les navettes EasyMile. La RATP part sur une fréquentation comparable pour celles du bois de Vincennes.