Dans sept ans, la France accueillera les Jeux olympiques (JO). Alors que beaucoup d’articles ont déjà abordé la question des infrastructures sportives, quid du reste de la capitale? Paris va-t-elle enfin devenir accessible? Pas si sûr. Mais, pour Emmanuelle Assmann, présidente du comité paralympique et sportif français, «le sport a cette capacité de pouvoir accélérer les choses qui prennent du temps». Les JO offrent «une deadline» à la France. Celle-ci correspondra (normalement) à l’épilogue d’un feuilleton lancé il y a douze ans.

Récapitulons. Il était prévu, dans la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, que tous les établissements recevant du public soient, dans les dix ans, accessibles à tous. Sauf que, le 30 mars dernier, la délégation ministérielle à l’accessibilité publiait des données montrant que 63 % des établissements n’étaient pas encore aux normes. Le parlement a donc voté un texte, avec de nouveaux délais de trois, six ou neuf ans.

Du côté de la Mairie de Paris, l’objectif est de rendre accessibles, en 2024, les 2 300 bâtiments (piscines, bibliothèques…) de la Ville, dont seuls «500» le sont à ce jour. C’est pourquoi «70 millions d’euros ont été provisionnés, d’ici à la fin de la mandature, pour continuer les travaux».

«Nos restaurants et nos espaces de circulation ne sont pas prêts»

«Oui, les JO peuvent être un accélérateur, mais nous ne baignons pas dans un optimisme béat», explique Nicolas Mérille, conseiller national pour l’Association des paralysés de France. Un constat que partage son collègue Serge Mabally, administrateur national au sein de la même structure. «Aujourd’hui, nos sites touristiques, nos restaurants et nos espaces de circulation ne sont pas prêts.»

Une analyse que tempère l’Hôtel de Ville. «Si nous avons été désignés organisateurs, c’est bien parce que nous sommes capables d’accueillir tout le monde.» Pour exemple, en 2012, Londres était ville olympique. «Beaucoup d’agents étaient présents dans les transports pour donner des informations», à propos de l’accessibilité de telle ou telle station, explique Emmanuelle Assmann. Afin d’aider les touristes, «les employés de la RATP commencent à être formés à cette problématique».Reste à voir qui pourra profiter du métro.

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