• Paris veut devenir la capitale du vélo d'ici 2020. 
  • Pour les cyclistes, la sécurité n'est pas assez évoquée par les autorités.
  • Les tensions entre automobilistes et cyclistes sont fréquentes au sein de la capitale. 

Il se faufile entre les voitures, est klaxonné à plusieurs reprises, le cycliste est un peu le mal aimé des usagers. A Paris, le vélo est pourtant sur les chapeaux de roues. La mairie pédale un peu plus vers son souhait de devenir la capitale mondiale de la bicyclette.

Avec un nouveau Vélib' qui verra le jour à compter du 1er janvier, le renouvellement de la prime à l’achat sur un vélo à assistance électrique (400 euros), Anne Hidalgo (PS) et son équipe comptent bien mettre les Parisiens et les Franciliens en selle. Mais qu’en est-il de leur sécurité ?

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« L’impression d’être de trop sur la route »

La cohabitation avec les automobilistes inquiète toujours les cyclistes. Entre la personne qui grille un feu rouge à vélo et un automobiliste qui manque de le renverser, fous du guidon et fous du volant se rejettent constamment la faute. « C’est très compliqué de conduire aujourd’hui dans Paris. Il y a des cyclistes kamikazes qui roulent à tout berzingue, qui brûlent les feux, ne respectent pas les piétons et font des queues de poisson », liste Marcel, VTC depuis huit mois.

Alors qu’elle vient de garer sa voiture, Christine se montre « compréhensive et étonnée » par le comportement des cyclistes dans la capitale. « Au démarrage à un feu rouge, ils peuvent être en difficulté. Par contre, très peu sont respectueux du Code de la route », souligne-t-elle. De son côté, Mathieu, cycliste, peste contre « les sas vélo non respectés par les véhicules et les trop nombreux stationnements de véhicules sur les pistes cyclables ».

Directeur sportif du Vélo Club du Bourget, et créateur de la page Facebook Mon vélo est une vie, Teodoro Bartuccio lance : « Je suis entièrement derrière le plan vélo mis en place par la capitale. Mais la sécurité n’est que très peu évoquée, ou souvent discutée en dernier, L’Etat devrait renforcer la sensibilisation sur les risques auxquels sont exposés les cyclistes. Dès qu’on sort d’une piste cyclable, nous sommes directement pris pour cible par les automobilistes. »

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Habituée à circuler à vélo à Strasbourg, Laure continue de pédaler depuis son arrivée à Paris. Elle remarque que les cyclistes parisiens comme ceux de Londres où elle a passé un an « se mettent en danger. Ils ne respectent pas les feux, se faufilent entre les voitures. » Elle note aussi que « les automobilistes n’ont pas le réflexe vélo ». Dans la capitale, la jeune femme respecte plus le Code de la route qu’à Strasbourg car elle peut « moins anticiper le danger ».

Teodoro Bartuccio milite pour la généralisation des aménagements cyclables, l’éducation au vélo dès le plus jeune âge ou des campagnes nationales de prévention et de sensibilisation. Pour se faire entendre, le directeur sportif avait rassemblé de nombreux cyclistes à manifester contre les violences routières sur la place de la Bastille, le 17 juin dernier. Une délégation s’est ensuite rendue au ministère de l’Intérieur pour remettre plusieurs propositions mais « les ministères disent ne pas avoir le budget nécessaire ».

Et du côté de la loi ?

Au niveau de la législation, le cycliste est considéré comme un usager au même titre que l’automobiliste. Il doit rouler sur la chaussée, s’arrêter au feu rouge, etc. Les enfants de moins de 8 ans doivent en revanche obligatoirement emprunter les trottoirs.

Concernant les amendes, vélos et voitures sont exposées aux mêmes contraventions. Par contre, pas de retrait de point pour une infraction commise au guidon. Et ce même pour les cyclistes titulaires d’un permis de conduire. Les textes juridiques sont clairs : « Il ne peut y avoir de retrait de points que pour les infractions commises avec un véhicule pour la conduite duquel un permis de conduire est exigé. »

En tous les cas, même si le cycliste est considéré comme un usager vulnérable, il se doit d’appliquer avec soin le Code de la route. « Ce sont des règles que nous devons inculquer dès le plus jeune âge aux enfants », indique Theodoro Bartuccio. Pour lui, il faudrait créer un « savoir rouler », au même titre que le « savoir nager » déjà mis en œuvre par le ministère de l’Education.