VIDEO. D'un «36» à l'autre, inauguration du nouveau QG de la police judiciaire parisienne

POLICE Ce jeudi, le nouveau siège de la police judiciaire parisienne est inaugurée en présence de Gérard Collomb...

Caroline Politi, Émilie Petit (vidéo)

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Le nouveau stand de tir.

Le nouveau stand de tir. — Emilie Petit/20 Minutes

  • Le nouveau siège de la police judiciaire parisienne est inaugurée ce jeudi.
  • Seule la BRI reste au 36 quai des Orfèvres.
  • Le bâtiment ultra-moderne accueille 1.700 fonctionnaires. 

Le déménagement s’est achevé depuis plus de trois semaines mais les couloirs paraissent étrangement vides. Difficile d’imaginer que le Bastion, le nouveau siège de la police judiciaire parisienne, accueille quelque 1.700 fonctionnaires. C’est pourtant beaucoup plus que le mythique 36, quai des Orfèvres. Autrefois dispersés aux quatre coins de la capitale, la Crim’, les Stups’, la répression du banditisme, du proxénétisme, la protection des mineurs, l’identité judiciaire ou encore les affaires économiques et financières ont rejoint dès l’été ce bâtiment ultra-moderne de plus de 32.500 mètres carrés.

Seule la BRI est restée au 36 quai des Orfèvres

Ce nouveau « 36 » - situé dans la rue du Bastion, au cœur des Batignolles - est inauguré ce jeudi, en présence du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Pour nombre de fonctionnaires, quitter  l’île de la cité a été un crève-cœur. Désormais, seule la BRI, la brigade de recherche et d’intervention, occupe encore ce bâtiment mythique. Une décision motivée par la nécessité pour cette brigade d’intervenir rapidement aux quatre coins de Paris en cas d’attaque terroriste.

C’est vrai que les Batignolles, au nord-ouest de la capitale, n’ont pas le charme du 1er arrondissement de Paris. D’autant que le quartier ressemble aujourd’hui à un immense chantier. Moins d’une semaine avant l’inauguration, des ouvriers finissent de poser l’asphalte sur le trottoir, d’autres sont occupés sur le chantier d’un immeuble qui jouxte le Bastion. Les plots en métal pour éviter toute attaque à la voiture bélier sont encore emballés dans du plastique. Les travaux du palais de justice ont pris un tel retard que le déménagement, qui devait à l’origine être concomitant, ne débutera qu’au printemps 2018. En attendant, des camions cellulaires font l’aller-retour avec l’ancien palais pour accompagner les déférés.

Un parcours spécifique pour les gardés à vue

Mais ce que le siège de la PJ parisienne a perdu en « charme », il l’a gagné en efficacité. Désormais, les fonctionnaires ne sont plus obligés de traverser la capitale pour aller s’entraîner au tir ou dans une salle de sport. Fini également, les victimes, témoins et suspects qui se croisaient dans l’étroit escalier du 36 quai des Orfèvres. Les gardés à vue empruntent aujourd’hui un parcours spécifique, du parking aux salles d’interrogatoire en passant par la zone de fouille ou l’espace médical. Le bâtiment accueille également une cabine cyanoacrylate unique en France, permettant de mettre en lumière les empreintes digitales sur les voitures ou les objets de gros volumes, a été installé au sous-sol.

En cas de crise majeure, les policiers parisiens n’auront plus à déplier les tables et les chaises, à installer les téléphones et les ordinateurs pour mettre en place une salle de commandement. Une salle a été prévue à cet effet, directement relié à celle des « appels » qui centralise tous les témoignages qui pourraient s’avérer déterminants en cas d’attentats ou d’alerte enlèvement. La modernité a également des avantages.