La mairie de Paris dément vouloir «interdire» les voitures à essence (mais elles ne sont pas les bienvenues)

Transports La mairie de Paris a expliqué vouloir favoriser les modes de déplacement alternatifs...

Antoine Irrien

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Circulation à Paris, illustration.

Circulation à Paris, illustration. — SIPA

  • Dans le cadre de son Plan Climat Energie territorial, la Ville de Paris compte réduire de 60% les émissions de gaz à effet de serre liées à la circulation.
  • Le projet fait écho au plan Climat annoncé par Nicolas Hulot. 
  • Il s'agit avant tout de développer les modes de transports alternatifs. 

« Aucune mesure d’interdiction ou de sanction ne figure dans ce nouveau Plan Climat Énergie territorial de Paris. » La mise au point, destinée à faire cesser la polémique, est signée Anne Hidalgo, dans un post publié à la mi-journée sur Facebook. Ce jeudi matin, France Info annonçait que la maire de Paris prévoyait d'interdire la circulation des voitures fonctionnant à l’essence dans la capitale à partir de 2030.

« Pour atteindre l’objectif d’une fin des moteurs thermiques en 2030, nous avons décidé d’investir dans le développement des alternatives et dans le renforcement des aides financières qui permettent aux particuliers et aux professionnels d’acheter des véhicules propres », assure la maire de Paris, dans un message posté sur Facebook. En clair : la mairie de Paris ne souhaite pas interdire les voitures à essence mais favoriser les modes de transport alternatifs. Transports en commun, voiture électrique, vélo…Il s’agit avant tout de prendre le pli de la transition énergétique sur le plan Climat porté par Nicolas Hulot.

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Quelles alternatives et quelles énergies ?

La capitale veut ainsi développer les modes de transports « doux », c’est-à-dire ne génèrant pas de pollution ou de gaz à effet de serre. En tête de gondole : le vélo qui fait l’objet d’un plan dans la capitale depuis deux ans. Les Autolib', les voitures électriques en libre service, doivent également être renforcées. « Les 1.000 engins disponibles ne sont encore assez », estime Christophe Nadjovski sur BFM. De même, tous les services de scooters électriques, vélos ou même des trottinettes en libre service nécessitent d’être développés.

L’ambition parisienne ne signe pas pour autant l’arrêt de mort de la voiture. « D’autres énergies comme le biogaz, l’hydrogène, ou le solaire font l’objet de nouvelles alternatives au carburant classique », poursuit l’adjoint au transport. Le plan Bus 2025 prévoit également de remplacer les 4.600 bus de la RATP en Ile-de-France par des véhicules propres.

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Qu’en pensent les automobilistes ?

Les annonces, même si elles ont été partiellement démenties, suscitent néanmoins l’inquiétude des quelque 600.000 automobilistes qui circulent quotidiennement dans la capitale. « Comment Paris peut aujourd’hui prendre de telles mesures ? Les voies de circulation au cœur de la capitale ont déjà été rétrécies, ce qui crée encore plus d’embouteillages », s’insurge Michel Romanet-Perroux, président del’Union pour la défense et l’égalité de circuler motorisé (Udelcim). Et d’ajouter : « Nous attendons un dialogue avec Anne Hidalgo. Il faut en finir avec ces décisions isolées, et sans consultations avec les premiers concernés. »

Avant un tour de table au Conseil de Paris le 20 novembre prochain, les maires de chaque arrondissement vont être consultés afin d’être sensibilisés aux objectifs.