VIDEO. Bonbonnes de gaz à Paris: «Il n’y a pas d’explication logique sur le pourquoi de cette cible», confie le procureur François Molins

TERRORISME Quatre bonbonnes de gaz, un dispositif de mise à feu et de l'essence ont été découverts dans la nuit de vendredi à samedi dans le hall d'un immeuble du 16e arrondissement de Paris...

C.Po.

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La rue Chanez, où ont été découvertes les bonbonnes

La rue Chanez, où ont été découvertes les bonbonnes — Google Street View

  • Dans la nuit de vendredi à samedi, quatre bonbonnes de gaz ont été découvertes dans le 16e arrondissement de Paris.
  • Six personnes, dont deux fichées S, ont été interpellées. Trois ont été déférées.
  • Le dispositif a été découvert grâce à l'intervention d'un habitant de l'immeuble.

« Il n’y a pas d’explication logique sur le pourquoi de cette cible. » Une semaine après la découverte d’une bombe artisanale dans un immeuble d’habitation du très chic 16e arrondissement de Paris, le mystère demeure. Lors d’une conférence de presse, le procureur de la République, François Molins, a confié ne « pas avoir d’explication sur l’objectif recherché par ces individus ». Aucune cible « sensible » ne réside, en effet, dans cet immeuble.

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Odeurs d’hydrocarbures et les va-et-vient dans le hall

La bombe, composée de quatre bonbonnes de gaz et d’un dispositif de mise à feu à distance grâce à un téléphone portable, était arrosée de 33 litres d’essence. Les « conséquences humaines auraient pu dramatiques », a estimé le magistrat.

C’est un habitant de l’immeuble, réveillé par les odeurs d’hydrocarbures et les va-et-vient dans le hall, qui a averti les services de police. Les premières constations ont permis de relever que la bombe avait été activée à distance à trois reprises, à 4h14,4h15 et 4h16 du matin, sans exploser. Selon le service de déminage, le dispositif « devait favoriser la mise à feu de l’essence répandue sur le sol puis, par voie de conséquence, faire exploser les bouteilles de gaz ».

De l’ADN retrouvé sur le dispositif

L’ADN d’un homme, Aymen B. né en 1987 à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, a rapidement été relevé sur le bouchon d’une des bonbonnes de gaz et sur un sac de gravats. L’homme, célibataire sans enfant, était fiché S depuis le 29 juillet 2016 en raison de son « prosélytisme pro-Daesh ».

Condamné à deux reprises pour des faits de droit commun (violences), il avait été contrôlé par les CRS en novembre 2016 sur l’autoroute A118 avec Amine A. « alors qu’ils faisaient la prière sur la bande d’arrêt d’urgence », a commenté le procureur de la République. Amine A, également fiché S, avait été placé en garde à vue dans le dossier de la filière djihadiste Forsane Alizza.

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L’analyse de leurs téléphones portables a permis de découvrir que tous deux se trouvaient à proximité de l’immeuble visé lors de la tentative de mise à feu. Les perquisitons menées au domicile d’Aymen B. ont également permis de retrouver la puce téléphonique ayant servi à activer - sans succès - la bombe et une carte totale mettant en lumière l’achat d’une grande quantité d’essence. Au domicile de son cousin, Samy B., interpellés à Villejuif, cinq téléphones, trois bouteilles d’essence, des sacs de gravats et des tickets d’essence ont également été saisis. L’homme n’était pas fiché mais avait été condamné à trois reprises pour « rébellion », « vols aggravés » et « outrages ».

« Ils ne sont pas très constructifs »

Selon le magistrat, tous trois auraient contesté leur implication lors de leur garde à vue. « Ils ne disent pas grand-chose, ils ne sont pas très constructifs », a commenté le procureur François Molins. Ils doivent être présentés à un juge d’instruction dans la soirée en vue de leur mise en examen notamment pour « tentative d’assassinat en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ».

Le parquet a requis leur placement en détention provisoire. Trois autres gardés à vue, faisant partie de l’entourage d’Aymen B., ont été libérés en début d’après-midi.