En pleine période municipale, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) a décidé de faire un point d'étape sur son « opération vérité ». Un bilan pour le moins politisé. Le président de la régie, Pierre Castagnou, également maire sortant PS dans le 14e, a annoncé hier que des irrégularités avaient été détectées sur douze logements à loyer libre du parc de la RIVP. Cette opération de vérification menée jusqu'alors sur 314 logements chics a été lancée début janvier après les révélations sur l'appartement de Jean-Paul Bolufer, l'ancien directeur de cabinet de la ministre du Logement, qui loue chaque mois un appartement situé boulevard Port-Royal (13e) à 6,30 euros le m2.
Sur les douze cas frauduleux, quatre locataires occupent leur logement pour y exercer une activité professionnelle, les autres sous-louent à des tiers, s'en servent comme résidence secondaire... « Des procédures à l'amiable vont être lancées leur encontre, puis s'ils résistent, nous saisirons le tribunal d'instance », a précisé Pierre Castagnou.
Par ailleurs, la RIVP a indiqué que les loyers sous-évalués seraient dès à présent revus à la hausse à chaque renouvellement de bail. « Cette politique sera en priorité pour les logements de haut standing et de catégorie 1, ce qui représente un peu plus de 1 250 logements sur 12 000 à loyer libre. » Ainsi, un F4 de 85 m2 rue de Pontoise, actuellement à 9 euros le m2 passera sur une durée de six ans à 15 euros le m2. « Cela peut paraître encore peu, mais le but de la RIVP n'est pas d'aligner ses loyers à ceux du marché », a réagi le président de la régie.