Nouveau départ pour le terminal 2E

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Publié le 20 février 2008.

ROISSY - 20Minutes a visité en exclusivité le chantier de reconstruction du bâtiment qui s'était effondré en 2004...

Le hub (plate-forme de correspondance) d'Air France à Roissy va pouvoir tourner à plein régime dans quelques semaines. Le chantier de reconstruction du terminal 2E, que 20Minutes a pu visiter en avant-première, touche en effet à sa fin. Quatre ans après son effondrement, qui avait fait quatre morts (lire encadré), il formera à sa réouverture en avril l'une des pièces du hub, avec le terminal 2F et le satellite d'embarquement S3, qui a vu le jour l'été dernier. Le 2E accueillera 6 millions de passagers d'ici à la fin de l'année, et 9 millions en 2009, pour des vols à destination ou en provenance d'Amérique du Nord et d'Asie.

«Une vraie contrainte pour maintenir les délais»

Entamé en septembre 2006, le chantier a été mené à une cadence infernale. Il portait sur la jetée du terminal, une immense galerie de 660 m de long, où les passagers patientent dans l'attente de leur vol, et dont une partie s'était effondrée le 23 mai 2004. Plutôt que de détruire la jetée et la reconstruire, Aéroports de Paris (ADP) a préféré la démonter et en refaire une partie, afin de gagner du temps.

La fragilité de la voûte en béton serait à l'origine de l'effondrement. «Nous avons donc décidé de la remplacer par une charpente métallique, laquelle est revêtue de la verrière extérieure de l'ancien bâtiment, que l'on a conservée», explique Marie-Laure Kepeklian, directeur de projet chez Aéroports de Paris. Un travail de fourmi, puisqu'il a fallu démonter les 33 000 m2 de la verrière, panneaux par panneaux, lesquels ont été numérotés au code-barres, pour être reposés dans le même ordre. «C'est sans doute la première fois au monde que l'on réalise une déconstruction d'une telle ampleur.»

Ce chantier a duré de septembre 2006 à avril 2007, avançant à une vitesse de 70 m par mois. Le tout en maintenant le trafic des passagers, via des postes d'embarquement provisoires. «Les ouvriers devaient présenter leurs badges tous les jours, tout le chantier étant sous douane. Cela a été une vraie contrainte pour maintenir les délais», relève Romain Lochu, chargé d'opérations. La coque, 2.000 tonnes de béton, a ensuite été démontée et concassée sur place. Les morceaux ont été réutilisés pour des chantiers divers. La pose de la structure métallique a duré du 15 février 2006 au 11 octobre 2007.

Des couleurs plus chaudes pour rassurer le passager

L'habillage intérieur s'est achevé le mois dernier. Fini le gris, place à des décors en bois? du frêne? et des couleurs plus chaudes, pour rassurer le passager. L'objectif d'ADP est clairement de faire oublier le drame de 2004. Le nouveau bâtiment est ainsi beaucoup plus lumineux, et une vaste verrière donne sur les pistes d'atterrissage. «On a poussé le confort et le niveau de service beaucoup plus loin que dans nos autres bâtiments», assure Romain Lochu. Quelque 1.000 m2 d'enseignes commerciales supplémentaires ont aussi trouvé place. Le chantier aura coûté au final 130 millions d'euros. Les assurances en ont pris en charge environ 95%.

Mickaël Bosredon
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