• Le principal suspect dans le meurtre de Sarah Halimi est poursuivi pour «homicide volontaire» et «séquestration».
  • L'expert psychiatre n'avait pas exclu la «dimension antisémite» dans le geste de Kobili Traoré.
  • Lors de son audition par le juge, le suspect avait assuré n'avoir pas agi par antisémitisme. 

Vers une reconnaissance de ladimension raciste du meurtre de Sarah Halimi. Le parquet de Paris a demandé ce mercredi à la juge chargée de l’enquête que le caractère antisémite soit retenu dans ce dossier. La sexagénaire, juive orthodoxe, a été rouée de coups puis défenestrée depuis son appartement du XIe arrondissement, le 4 avril dernier.

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En juillet, leprincipal suspect, Kobili Traoré, avait été mis en examen pour « homicide volontaire » ainsi que « séquestration » sans que l’aspect religieux de son acte ne soit retenu. Au grand dam de la famille de la victime et d’une large partie de la communauté juive. Ce changement de position du parquet fait suite à l’expertise psychiatrique, dont les conclusions ont été rendues début septembre, et aux « premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs », précise une source judiciaire.

« Un crime peut être délirant et antisémite »

Le soir du meurtre, de nombreux témoins avaient attesté avoir entendu le suspect, de confession musulmane, réciter des sourates du Coran et crier « Allahou Akbar » alors qu’il séquestrait la sexagénaire. Interrogé par un juge d’instruction le 10 juillet dernier, Kobili Traoré, qui habitait dans l’appartement juste au-dessus de celui de sa victime, avait reconnu avoir toujours su que Sarah Halimi était juive mais avait nié toute dimension antisémite.

« Je n’ai jamais eu de problèmes avec des juifs auparavant », a-t-il confié au magistrat, justifiant son geste par l’intervention d’une « force extérieure, une force démoniaque ».

Une « altération » du jugement du principal suspect

Dans ses conclusions, l’expert psychiatre a conclu à une « altération » du jugement du principal suspect. Kobili Traoré aurait été pris d’une « bouffée délirante aiguë » amplifiée par la consommation de cannabis au moment du meurtre. Il avait, en revanche, exclu l’abolition du discernement, empêchant toutes poursuites pénales. Malgré ce « trouble mental aliénant », l’expert n’a pas exclu une « dimension antisémite » dans le geste de Kobili Traoré.

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« Un crime peut être délirant et antisémite. Les délires s’abreuvent de l’actualité et de l’ambiance sociétale», a-t-il justifié dans ses conclusions. Selon son expertise, la victime n’a « pas été délibérément recherchée et tuée parce que juive ». En revanche, lorsque le suspect a compris que Sarah Halimi était juive, cela a pu amplifier « le déchaînement frénétique haineux et vengeur ».