• La mairie du 10e arrondissement a décidé de faire appel aux services d’une fauconnerie et de ses oiseaux de proie, des buses et des faucons.
  • Elle espère ainsi lutter de manière efficace et écologique contre les pigeons qui pullulent dans la capitale.

La mairie du 10e arrondissement de Paris accueillera bientôt des employés municipaux un peu spéciaux. En effet, trois buses et deux faucons vont travailler pour cette mairie parisienne à partir du 29 septembre prochain. La mairie a décidé de recourir à ces rapaces pour une mission particulière : chasser les pigeons, très nombreux dans la capitale.

Lutter contre les risques sanitaires

Sur son site Internet, la mairie du 10e arrondissement met en avant « un vrai risque sanitaire pour les habitants du quartier ». Les pigeons sont en effet porteurs de maladies transmissibles à l’homme telles que la grippe aviaire ou la coccidiose. Un autre grief fréquemment porté contre ces oiseaux par les Parisiens, notamment les bailleurs sociaux, est la dégradation des maisons ou des immeubles par leurs déjections, celles-ci étant particulièrement acides. Le coût de ces dégradations se chiffrerait parfois jusqu’à 150.000 euros par an pour les bailleurs, selon Le Parisien.

Pour remédier à ces nuisances, la mairie a donc décidé de recourir à des méthodes éprouvées depuis des siècles en faisant appel à un fauconnier. « On a essayé plusieurs méthodes classiques, des pics à pigeons sur les immeubles, des pigeonniers avec stérilisateurs, mais elles se sont révélées inefficaces. Alors, on a décidé de recourir à des méthodes novatrices, mais ce n’est qu’une expérimentation », informe une responsable de la politique de la ville du 10e arrondissement. « Cette technique, sans danger pour l’homme, permet d’obtenir des résultats optimaux et durables » souligne sur le site Internet de la mairie du 10e un responsable de la société Merlyn. C’est cette fauconnerie, qui a également effectué des missions d’effarouchement auprès de Roland-Garros, à laquelle la mairie à décider de faire appel.

Démonstration le 30 septembre

Mais que les défenseurs des animaux ne craignent rien : la mairie assure que les rapaces seront chargés de disperser les essaims de pigeons, sans les éliminer. « Il ne s’agit pas de tuer les pigeons mais de les disperser, de limiter leur surpopulation. Normalement, ils ne reviendront pas. Ils intégreront la menace des rapaces et iront faire leur nid ailleurs », assure la mairie à 20 Minutes. L’expérience prendra fin le 7 octobre. Les fauconniers feront une démonstration publique de leur travail le 30 septembre.

Ce délai, relativement court, amène certains ornithologues à être sceptiques sur l’efficacité de la mesure. « J’ai un certain doute sur l’efficacité de la chose », déclare Frédéric Malher, vice-président du Centre ornithologique d’Ile-de-France (CORIF) contacté par 20 Minutes. « Cela peut être efficace ponctuellement, mais dix jours ce n’est pas suffisant pour régler définitivement le problème. Après quelques semaines, les pigeons risquent de revenir et sinon, d’autres pourraient prendre leur place. » ajoute-t-il perplexe. Il relativise également le danger sanitaire causé par les volatiles : « Le pigeon n’est pas plus porteur de maladie que tout autre oiseau. C’est même l’une des espèces les moins exposées à la grippe aviaire. »

S’attaquer aux sources de nourriture

Mais alors comment régler efficacement le problème ? Frédéric Malher préconise de « s’attaquer aux sources de nourritures des pigeons. Les principales sources sont les poubelles, ainsi que la nourriture jetée aux pigeons par les Parisiens. Il faudrait donc investir efficacement dans la propreté du quartier et inciter les gens à ne pas nourrir les volatiles. »

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Les rapaces sont régulièrement utilisés pour réaliser des tâches difficiles. En 2004, la BNF avait employé des faucons pèlerins pour chasser près de 20.000 étourneaux qui avaient fait leur nid dans les jardins de la bibliothèque. En 2013, c’est le célèbre stade parisien du Parc des princes qui avait recouru à des buses pour chasser les pigeons, ceux-ci se nourrissant des graines de la pelouse. Autre utilisation des rapaces, dans les Landes, l’armée avait recruté des aigles pour chasser les drones amateurs. Les bonnes vieilles méthodes sont parfois les meilleures…