Les juges chargés de l'enquête sur les faux électeurs du 5e arrondissement de Paris ont décidé hier de renvoyer les onze mis en examen devant le tribunal correctionnel, sans attendre les réquisitions du parquet. Ce dernier estimait que ce n'était pas le moment, en pleine campagne municipale.
Jean Tiberi et sa femme, qui font partie des mis en examen, sont en lice pour conserver la mairie du 5e et jugent ce timing « stupéfiant ». « Je veux dénoncer cette manoeuvre en pleine campagne électorale, déclarait Jean Tiberi hier à 20 Minutes. Cette affaire dure depuis dix ans. Ils auraient pu nous renvoyer en correctionnelle il y a un an ou six mois, mais non, ils le font à trois semaines des élections. Il y a une tradition républicaine qui veut qu'on ne le fait jamais à cette période. C'était d'ailleurs l'argument du parquet. » Interrogé sur une éventuelle répercussion sur le scrutin du 9 mars, Jean Tiberi pense que « la volonté c'est peut-être qu'il y ait une incidence. Mais j'espère que les habitants du 5e réagiront comme il se doit. Car c'est tellement grossier. »
Dans le camp adverse, Lyne Cohen-Solal, sa rivale PS dans le 5e, dont l'avocate avait mis le feu aux poudres mardi en alertant sur le « délai anormal » de l'enquête, la victoire est trop belle. « Nous sommes les premiers surpris, mais nous n'y sommes pour rien. Nous n'avons pas la force de frappe nécessaire pour le faire », déclarait hier l'un de ses collaborateurs. Lyne Cohen-Solal, qui pourrait profiter de cette affaire pour récupérer des voix, se refuse désormais à tout commentaire.