Semaine après semaine, la liste des attentats déjoués s’allonge. Ce mardi, le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’un « projet d’action violente » avait été déjoué le 22 août dernier à Paris. Sans révéler de détails sur la nature de l’attaque ni l’avancée de l’entreprise, Gérard Collomb a précisé que l’attentat visait des « boîtes de nuit parisiennes et particulièrement des établissements gays ».

Entendu à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, le locataire de la place Beauvau a révélé que douze projets d’attentats avaient été déjoués depuis le début de l’année sur le territoire français. Dans certains cas, des cibles étaient désignées, les suspects s’étaient procuré des armes et l’action était considérée comme « imminente ». A l’inverse, certains projets étaient à l’état embryonnaire.

La moitié a été fomentée en Ile-de-France et/ou vise un lieu proche de la capitale. Le dernier remonte à la semaine dernière : deux hommes ont été mis en examen dimanche après la découverte fortuite d’un laboratoire d’explosifs à Villejuif, dans le Val-de-Marne. Début septembre déjà, un homme soupçonné de vouloir attaquer des policiers à la kalachnikov a été interpellé à Saint-Ouen. Le jour de la Fête de la musique, le 21 juin, les enquêteurs ont arrêté un très jeune homme suspecté de projeter une attaque au couteau le soir même.

Sites touristiques, métro lillois et meeting politique

Plusieurs autres projets ont été déjoués dans des grandes métropoles françaises. Le 10 février, quatre personnes, dont un mineur, sont interpellées dans l’agglomération montpelliéraine. Bruno Leroux, le ministre de l’Intérieur de l’époque, évoque un « projet d’attentat imminent » après la découverte de TATP. Les suspects visaient, semble-t-il, un lieu touristique parisien ou la place de la Comédie à Montpellier. Quatre jours plus tard, un autre projet est déjoué à Lille. Les djihadistes présumés projetaient d’attaquer le métro lillois ou un centre commercial, a précisé Gérard Collomb.

Fin avril, un attentat d’ampleur est déjoué à Marseille. Dans un petit appartement à proximité de la gare Saint-Charles, les enquêteurs de la DGSI ont découvert un fusil-mitrailleur, deux armes de poing, des munitions mais également plus de trois kilos de TATP, un explosif utilisé notamment lors des attaques du 13 novembre, et une grenade artisanale. Les deux suspects, âgés de 23 et 29 ans, sont soupçonnés d’avoir voulu attaquer le meeting de Marine Le Pen à quelques jours de l’élection présidentielle. « Ce que veut Daesh, c’est diviser la communauté nationale et arriver à faire que dans notre pays, il y ait des affrontements entre les Français, a déploré le ministre de l’Intérieur. C’est le piège dans lequel nous ne devons pas tomber. »

Plusieurs projets visant les institutions militaires ont été déjoués. Le 2 mai, la cible était l’école de l’air de Salon de Provence. Moins d’une semaine plus tard, un ancien soldat radicalisé est arrêté à proximité de la base militaire d’Evreux. Interpellé en tenue de combat, l’homme est soupçonné d’avoir voulu mener une attaque isolée contre la base. Un fusil à pompe et des munitions avaient notamment été découverts dans un buisson à proximité.