Pour les travailleurs migrants, la surpopulation du foyer des Terres-au-Curé (13e) s'expliquait par la présence « d'amis ou de membres de la famille ». Pour la justice, des filières de marchands de sommeil seraient à l'origine de ce taux d'occupation deux fois plus élevé que la normale. Hier, 9 individus ainsi que 105 sans-papiers, à qui ils auraient sous-loué au prix fort des chambres du foyer, étaient en garde à vue. Vers 6 h, quelque 400 policiers sont intervenus sur commission rogatoire pour procéder à la vérification d'identité des travailleurs originaires d'Afrique de l'Ouest. Cette opération est l'une des plus importantes menées ces derniers mois.
« Trois policiers m'ont demandé mes papiers et une quittance de loyer. Sans explication. J'étais même pas habillé », atteste Fooeusseiny, résident depuis plus de vingt ans dans ce foyer qui compte 157 lits. Dans les couloirs, 29 portes ont été enfoncées, laissant clenches et morceaux de contreplaqué au sol. « J'ai vu les forces de l'ordre ouvrir une mallette contenant des papiers à la tronçonneuse », poursuit le résident, encore abasourdi. Outre cette mission, les services vétérinaires et les contrôleurs de sécurité de l'habitat ont également procédé à des vérifications. Car, selon la préfecture de police, ce foyer fait partie des établissements sous surveillance depuis les incendies de 2005 dans des logements insalubres. « Il y a des sans-papiers, c'est sûr. Mais s'ils sont là, c'est qu'ils ont besoin de travailler », confiait hier, les yeux humides, Marguerite, professeur d'alphabétisation au foyer.