La première contravention contre un propriétaire de bar à chicha parisien, depuis l'instauration de la loi interdisant de fumer dans les lieux publics, est tombée hier. Vers 19 h, au Hookah Lounge, un salon à narguilé installé dans le 5e, une brigade d'une dizaine de policiers, emmenée par la commissaire centrale adjointe Marie-Laure Spertini, est passée en « phase répressive » après un mois de sensibilisation auprès des responsables des établissements. Si les personnes présentes dans le bar n'étaient pas en train de consommer, Karim, le patron, s'est vu sanctionner d'une amende de 135 euros pour « défaut de signalétique », souligne la commissaire adjointe. Les affiches « interdiction de fumer » ne mentionnaient pas le code de la loi en vigueur. Alors que la commissaire lui rappelle les nouvelles normes que la loi impose en matière d'aération du lieu, Karim annonce, dépité, qu'il a déjà mis son commerce en vente.
Sur seize bars à narguilé de l'arrondissement, trois ont déjà fermé depuis le 1er janvier et peu sont tentés par une reconversion. Seul résistant, Loae, qui dit avoir ouvert il y a dix ans le premier café à chicha de Paris rue de la Montagne-Sainte-Genneviève, tente un ultime baroud d'honneur. S'il a déjà licencié trois personnes, le tenancier a investi 5 500 euros pour mettre aux normes la cave de son établissement, futur lieu de consommation du narguilé. « Il me reste une porte à installer en haut de l'escalier et l'endroit sera hermétiquement fermé. » Loae estime que c'est l'esprit du bar à chicha qui part en fumée. Il se rendra tout de même au commissariat pour faire attester son nouveau dispositif. Car pour lui, aucune reconversion n'est possible. « C'est tout simplement la fin d'une aventure. »