« Vous êtes la première classe de France à suivre cette formation. L'un d'entre vous a-t-il déjà subi un incendie ? », demande Ghislain Bryks, prof de lycée et ancien éducateur, aux élèves de 6e 2 du collège Georges-Sand (13e). Vendredi matin, ce membre fondateur de l'association Malaïkas, née sur les cendres de l'incendie du boulevard Vincent-Auriol (13e) qui avait fait 17 morts dont 14 enfants le 26 août 2005, donnait sa première formation de « prévention et conduites à tenir en cas d'incendie ». L'association s'est mobilisée depuis le drame pour équiper les immeubles insalubres en extincteurs et en détecteurs de fumée. Mais elle veut désormais intervenir dès l'école. « Si l'on forme tous les élèves de 6e de France, dans dix ans, toute une génération saura comment réagir », assène Ghislain.
Dans la classe, les élèves, attentifs, répondent bien volontiers aux colles qui leur sont posées. « Pour qu'il y ait du feu, il faut quelque chose à brûler : de la chaleur et... ? » « De l'oxygène ! », s'exclame un des collégiens. « Mes respects », lui rétorque Ghislain, avant d'expliquer que « si une casserole prend feu, il faut la recouvrir avec un linge humide pour empêcher l'air d'entrer, et les flammes disparaissent. Mais attention, n'enlevez pas le linge avant que la casserole n'ait refroidi, car le feu reprendrait », explique-t-il, vidéo à l'appui. Pire : « Ne versez jamais d'eau sur de l'huile en flamme, ça créerait un chalumeau », prévient-il. Paul Létant, un ancien pompier qui l'assiste dans cette formation, met aussi les enfants en garde contre les cigarettes fumées au lit. « 23 % des incendies se déclarent dans la chambre, et chaque fois que je suis intervenu sur ce type de feu, nous n'avons pu sauver les gens », témoigne-t-il. Il explique aussi qu'« un quart des sinistres sont dus à une installation électrique défectueuse. Attention aux multiprises surchargées et achetez celles qui possèdent des disjoncteurs. »
« Voilà pour la prévention. Mais si un feu survient quand même, il faut savoir réagir », relance Ghislain. « Si un incendie se déclare dans votre appartement, fermez la porte et partez. S'il prend dans l'immeuble, ne sortez pas, vous pourriez être pris au piège. Fermez votre porte et arrosez-la, placez un linge humide en dessous en attendant les secours. N'ouvrez la fenêtre pour respirer que si c'est nécessaire. » Côté achats, les deux formateurs recommandent fermement de s'équiper d'un détecteur de fumée. « Ça coûte de 10 à 15 euros, et ça vous réveille à temps en cas d'incendie », assène Ghislain. Suit une démonstration sur la manipulation de l'extincteur, et le conseil de « viser la base des flammes ».
L'association compte former toutes les 6es du 13e arrondissement d'ici à juin, mais espère pouvoir élargir son dispositif à tout Paris. Et même dans toute la France si elle obtient les financements.