Mort de Lady Diana: Vingt ans après, la princesse ne fait plus rêver les touristes au pont de l'Alma

CELEBRITE On est allés voir quelle est l'ambiance du côté de la Flamme de la Liberté sur le pont de l'Alma, proche du lieu de l'accident fatal à Lady Di...

Marie-Laetitia Sibille

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Les hommages, en France comme en Angleterre, resteront discrets le jeudi 31 août 2017.

Les hommages, en France comme en Angleterre, resteront discrets le jeudi 31 août 2017. — M.-L.S.

  • Jeudi 31 août 2017 marque les 20 ans du décès de la princesse Lady Diana.
  • L’engouement provoqué à l’époque par ce destin tragique semble s’essouffler.
  • Autour de la Flamme de la Liberté, les avis sont partagés.

Diana Spencer a trouvé la mort à 36 ans dans la nuit du 30 au 31 août 1997 à la suite d’un accident de voiture, dans le tunnel passant sous le pont de l’Alma, à 00h30, dans une Mercedes poursuivie par des paparazzis et dont la vitesse a été estimée entre 118 et 155 km/h. Vingt ans après, que reste-t-il de l’engouement provoqué par le destin tragique de la « princesse des cœurs » ?

L’ambassade du Royaume-Uni n’est pas au courant d’un hommage quelconque à Paris, et envoie un communiqué très officiel sur la visite du duc et de la duchesse de Cambridge, et du Prince Harry, à Kensington Palace le 30 août, dans le jardin blanc ouvert en avril 2017 en mémoire de Lady Di. Rien de plus du côté de l’Office de tourisme et des congrès de Paris, des bateaux-mouches ou de la mairie de Paris qui ne semble pas passionnée par le sujet. Pas plus dans les agences de tourisme comme le Paris Celebrity Tours, dont les visites guidées ne sont consacrées qu’aux célébrités… vivant à Paris.

« Elle était sympa pour une jet-setteuse »

Mais aujourd’hui, 20 ans après la mort de Lady Di, quelle est l’ambiance à la Flamme de la Liberté, au-dessus du pont, devenue un lieu de recueillement après l’accident ? « Je trouve ça fou de venir déposer des fleurs 20 ans après ! », observe Romaric, tandis qu’un passant s’insurge : « C’est nous qui avons payé le monument ! » Le ton est donné. La princesse a fait rêver, désormais, elle agace. « Les gens demandent toujours où se trouve la statue, parce que c’est sur leur route. Mais laissons les morts reposer en paix ! Des personnes se tuent chaque jour sur les routes », estime le restaurateur du Grand Corona, sur la place de l’Alma.

Deux journalistes venues faire un reportage « spécial Lady Diana » pour ABS-CBN News, une chaîne de télévision des Philippines, admettent qu’il y a des infos plus urgentes sur lesquelles communiquer dans leur pays, « la drogue, par exemple ». Un vendeur de crêpes à proximité ironise : « Oui, elle était sympa pour une jet-setteuse… Mais le jour de sa mort, rappelle-t-il plus sérieux, il y avait un massacre en Algérie et personne n’en a parlé, la honte. »

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La concierge du n° 1

Reste-t-il quelques fans ? « D’habitude, on est à Londres, mais cette année, c’est Paris, et passage obligé ici », explique Ellen, une Belge à vélo accompagnée de son père. Des affichettes à l’effigie de la princesse Diana ornent le bas du monument, avec l’inscription : « Déjà 20 ans ». « C’était quand même une bonne image pour le monde et pour la politique, un symbole de paix », reconnaît Sergio.

Seul le voisinage qui a vécu l’accident presque en direct, comme Limy, la concierge du 1, place de l’Alma, se sent encore concerné : « Ce matin, très tôt, une voiture s’est arrêtée, et ils ont déposé un magnifique bouquet. Je suis sûre que c’était de la famille de Diana ! J’ai raconté au chauffeur que j’avais été la première à avoir déposé un mot et une bougie au pied du monument il y a 20 ans, il était très ému. »

Plus que l'émotion ou le recueillement, c'est la curiosité qui rassemble sur le pont de l'Alma.
Plus que l'émotion ou le recueillement, c'est la curiosité qui rassemble sur le pont de l'Alma. - M.-L.S.

« Elle n’avait qu’à pas épouser le Prince Charles ! »

Si Limy se remémore le bruit de l’accident qui l’a réveillée cette nuit-là, d’autres ont des souvenirs plus personnels : « Ma fille est née il y a 20 ans, alors je connais la date, c’était un mois après », souligne Sandrine, Perpignanaise en vacances avec son mari. Le couple allait voir la Tour Eiffel et est tombé par hasard sur le monument, comme Fanny et la petite Anaïs, 8 ans et demi, venues de Toulouse et qui s’arrêtent « en souvenir de la princesse ». Une touriste prend une photo en s’écriant : « Ah, c’est Diana ! » Et quand on l’interroge : « Que voulez-vous que je vous dise, c’est triste ce qui lui est arrivé, mais elle n’avait qu’à pas épouser le prince Charles ! », avant de tourner les talons.

Mustapha, habitué des lieux, espère quant à lui que les deux fils de Lady Di viendront se recueillir jeudi 31 août. Pierre, autre habitué, interpelle les passants à tout va pour leur faire part de son point de vue « de citoyen » : « Les journalistes doivent dire ce qu’est vraiment la Flamme de la Liberté, qu’elle ne soit pas anéantie ! Il faut arrêter les cadenas, aussi. Et que la maire s’occupe de sa ville. Si vous voulez vraiment vous démarquer, parlez aussi des 2.000 poubelles qu’il manque à Paris ! »

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A quelques pas de la Flamme de la Liberté, Odette, qui travaille dans le quartier, note : « Les gens sont fidèles, ils viennent toujours quel que soit le temps, c’est devenu une idole. » Aujourd’hui, le lieu de l’accident de Lady Di n’est plus le mausolée d’il y a vingt ans, il attire surtout des curieux et des touristes qui passent là par hasard.