Randonnée: On a testé le GR 2024 autour de Paris, créé en vue des JO

JO La nouvelle grande randonnée qui fait le tour de la capitale en 50 km est riche en contrastes. « 20 Minutes » a mis ses chaussures de marche et tracé la route…

Marie-Laetitia Sibille

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Point de départ de la rando, la Géode de la Cité des sciences mêle son gris métallique au gris du ciel.

Point de départ de la rando, la Géode de la Cité des sciences mêle son gris métallique au gris du ciel. — M.-L.S.

  • Le GR 2024 soutient la candidature de Paris aux JO.
  • Il fait 50 km, découpés en tronçons de 4 km, en une boucle autour de la capitale.
  • Il passe de lieux très urbains aux espaces verts, et le long d’équipements sportifs.

La brillante sphère de la Géode offre le reflet de quelques joggeurs. Il y a très peu de monde au parc de la Villette, en cette matinée de semaine et du mois d’août. « Je vois parfois des groupes de gens, en tenue de rando, qui franchissent la passerelle, mais je ne connais pas le GR 2024 », admet un sportif habitué des lieux. Le jeune sentier de grande randonnée a été inauguré en juin 2017 pour accompagner la candidature de Paris aux Jeux olympiques, et il commence discrètement à côté de cette sphère, avant de faire le tour de la capitale sur 50 km (découpés en treize tronçons d’environ 4 km).

« J’suis l’poinçonneur des Lilas »

Mon premier périple consiste à rallier la porte des Lilas depuis de la porte de la Villette, un « itinéraire vallonné à travers les buttes du nord-est parisien », indique le topoguide publié par la Fédération française de randonnée et la mairie de Paris. Je repère les deux traits rouge et blanc horizontaux, sésame à ne surtout pas perdre de vue quand on possède un sens de l’orientation plus qu’aléatoire, et j’emprunte la passerelle qui franchit le canal de l’Ourcq.

L'itinéraire est indiqué en blanc et rouge, à ne surtout pas perdre de vue si l'on possède un sens de l'orientation hypothétique.
L'itinéraire est indiqué en blanc et rouge, à ne surtout pas perdre de vue si l'on possède un sens de l'orientation hypothétique. - M.-L.S.

La route à suivre est bien balisée (malgré le risque de quelques signalisations qui peuvent avoir été recouvertes ou arrachées au passage…), mais je perds quand même le fil. Pour ne pas dégainer tout de suite le GPS, j’utilise l’ancienne méthode et me renseigne auprès d’un passant sur la direction du parc de la Butte du Chapeau rouge : « C’est tout droit, mais vous irez plus vite en tramway. » Pour faire marcher les Parisiens, ce n’est pas gagné ! A la sortie du parc, dont l’aspect vallonné n’est pas très fatigant pour le marcheur moyen, le périph' rappelle le côté très citadin de cette randonnée. L’image est cocasse, entre ceux qui pédalent ou font quelques mouvements sportifs sur les installations dédiées, et les voitures défilant en contrebas. Le contraste m’apparaîtra tout au long de ce GR, qui jongle entre redécouverte culturelle de Paris, esprit sportif et traversée d’espaces verts.

En pénétrant dans le jardin Serge-Gainsbourg, la mélodie du « poinçonneur des Lilas » s’invite. Le topoguide, jamais avare d’indications historiques, m’apprend qu’il a été réalisé sur une dalle de couverture du boulevard périphérique, que dans le 20e arrondissement se trouve la piscine Georges-Vallerey, construite pour les JO de 1924, et enfin que la baignade, désormais possible au Bassin de la Villette, le sera aussi au lac Daumesnil à l’horizon 2019.

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Des marcheurs aux pieds palmés

J’utilise le moyen de transport privilégié des Parisiens, le métro, pour me rendre justement au lac Daumesnil et tester le trajet de la porte Dorée à la porte de Charenton. Au camion de la vendeuse de glaces et sandwichs, on commente la météo. L’endroit est encore plus désert que le parc de la Villette, les allées sont une véritable autoroute, et la rando prend le visage d’une balade tout à fait reposante. Les seuls marcheurs qui m’accompagnent ont les pieds palmés : cygnes, canards… Le nombre de signalisations de parcours de randonnée sur un poteau indique néanmoins que l’endroit est très prisé. Le GR 2024 réunit d’ailleurs les sept autres GR traversant Paris.

A voir le nombre de balisages, le lac Daumesnil est très prisé des randonneurs.
A voir le nombre de balisages, le lac Daumesnil est très prisé des randonneurs. - M.-L.S.

Dans le topoguide, qui n’oublie pas son premier objectif – les JO –, j’apprends qu’à proximité se trouve le vélodrome Jacques-Anquetil, site olympique pour les Jeux de 1900 et de 1924. Pendant la pause sandwich, je feuillette le guide qui rappelle l’histoire des « fortifs », l’ancienne enceinte qui ceinturait Paris. « Mais ce nouveau GR, à partir duquel on peut voir Paris "de pas trop loin", est un symbole, non pas d’une 8e enceinte, mais d’un chemin d’ouverture », tient à préciser Daniel Ramey, président du comité de Paris de la Fédération française de randonnée pédestre.

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Je prends la direction d’un secteur riche en installations sportives, à proximité du bois de Boulogne : le stade Géo-André, le Parc des Princes et l’étonnant stade Jean-Bouin. Le jaune de la piscine Molitor réveille la grisaille, puis je longe le stade Roland-Garros. Changement d’ambiance et contraste avec les serres d’Auteuil, avant de louper le tunnel menant aux pelouses de l’hippodrome, ce qui est bien dommage, selon Daniel Ramey, vu le côté « atypique » et « exceptionnel » de la traversée de cet équipement. Le reste du parcours se fait ainsi sans suivre le balisage, en me repérant avec le lac supérieur du bois de Boulogne. La fatigue commençant à se faire ressentir dans les jambes, il est temps de replonger vers le chic quartier Ranelagh.

A côté du Parc des Princes, le stade Jean-Bouin et son maillage de béton.
A côté du Parc des Princes, le stade Jean-Bouin et son maillage de béton. - M.-L.S.

Tous ces pas mèneront-ils vers les Jeux olympiques de 2024 ? Réponse le 13 septembre 2017 à Lima (Pérou). En attendant, il est toujours possible de se rendre jeudi 24 août à 18 heures sous la Grande Arche de La Défense, pour participer à la « rando dans le vent ».