Prières de rue à Lagny-sur-Marne: Des tentes visées par des cocktails Molotov

FAITS DIVERS Une enquête a été ouverte par le parquet de Meaux pour « dégradation de bien d’autrui par moyen dangereux »…

20 Minutes avec AFP

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Un véhicule de pompiers. (Illustration)

Un véhicule de pompiers. (Illustration) — Beatrice Colin

Des tentes qui abritent des prières de rue à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), où une mosquée « radicale » a été fermée fin 2015, ont été la cible de cocktails Molotov vendredi, a-t-on appris ce dimanche de source judiciaire.

« Deux bouteilles qui pourraient être les éléments déclencheurs de l’incendie » ont été retrouvées au petit matin. Seuls « des tapis de prière roulés » ont brûlé, a poursuivi cette source, confirmant une information du Parisien.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Meaux pour « dégradation de bien d’autrui par moyen dangereux ».

Installés sur un terrain sans autorisation

« Avant le ramadan, des musulmans se sont installés sans autorisation sur ce terrain désaffecté appartenant à l’Etat, auparavant occupé par des gens du voyage puis des Roms », a expliqué le directeur de cabinet du maire de Lagny-sur-Marne, Pierre Tebaldini.

La mosquée de Lagny, présentée par le gouvernement comme un « foyer d’idéologie radicale », avait été la première mosquée fermée en France après les attentats de novembre 2015. Vingt-deux interdictions de sortie du territoire et neuf assignations à résidence d'« individus radicalisés » avaient été prononcées dans le cadre de l’état d’urgence, début décembre 2015.

Dans la foulée, l’association qui gérait le lieu avait été dissoute, une mesure inédite en France, selon les autorités.

Pas de local à disposition

Depuis la fermeture du lieu de culte, la mairie en appelle à l’Etat pour « empêcher » les prières de rue. En décembre dernier, le ministère de l’Intérieur lui a recommandé de « mettre un local à disposition » des musulmans.

La commune de Lagny, voisine de Disneyland Paris, fait désormais figure d’épicentre d’un département « à risque » où, fin 2016, 275 personnes étaient suivies dans le cadre de la lutte contre la radicalisation violente, et une dizaine assignées à résidence, selon une source judiciaire, contre cinq en Seine-Saint-Denis.