• Un homme a lancé à plusieurs reprises sont 4x4 contre les barrières d'une mosquée, sans faire de blessés
  • Il a été interpellé peu après
  • Il a déjà effectué deux séjours en hôpital psychiatrique

L’homme qui a lancé à « plusieurs reprises » sa voiture contre une mosquée de Créteil (Val-de-Marne) était-il en pleine possession de ses moyens ? Placé jeudi soir en garde à vue dans les locaux du service départemental de police judiciaire (SDPJ) du Val-de-Marne, le suspect, un Arménien de 43 ans titulaire d’un titre de séjour, a été hospitalisé d’office en psychiatrie ce vendredi. « Il tient des propos totalement incohérents depuis hier et est incapable d’expliquer son geste », a confié à 20 Minutes une source proche du dossier. L’expertise menée cet après-midi a conclu à l’incompatibilité de la garde à vue avec son état de santé.

Une information judiciaire a néanmoins été ouverte par le parquet de Créteil. Jeudi, aux alentours de 18h30, son 4X4 a fait plusieurs embardées contre les barrières protégeant l’édifice religieux, sans faire de blessés. « Ne parvenant pas à passer les obstacles, le conducteur du véhicule a poursuivi sa course, percuté un terre-plein puis a pris la fuite », a détaillé dans la soirée la préfecture de police de Paris. Le suspect, installé en France depuis 12 ans et connu des services de police pour un « fait mineur », a été interpellé peu après, au volant de son véhicule. Une perquisition a été menée dans la soirée à son domicile de Créteil, où il réside avec sa compagne et sa fille de 12 ans.

Deux hospitalisations en psychiatrie

Pour l’heure, les raisons de son geste demeurent inconnues. Selon plusieurs témoins, actuellement entendus par les enquêteurs, le suspect aurait tenu des propos incohérents devant la mosquée, faisant notamment référence aux attentats du Bataclan et des Champs-Elysées. « Pour l’instant, ces éléments nécessitent d’être confirmés, tout comme le déroulé précis des faits », a indiqué, prudente, une source proche du dossier.

Selon nos informations, le suspect, titulaire d’une carte d’invalidité, a de lourds antécédents psychiatriques. Il a été hospitalisé à deux reprises, en 2006 et 2007, en psychiatrie et suit actuellement un traitement médicamenteux pour limiter les effets de la schizophrénie. Le parquet compte demander au juge d'instruction de prendre un «mandat d'amener» à son encontre afin de permettre à la police judiciaire de l'entendre si son état de santé s'améliore. En effet, si l'expertise psychiatrique a conclu à l’incompatibilité de son état mental avec la garde à vue, elle ne s'est pas prononcée sur son discernement au moment des faits.