Affaire Théo: «Ils rigolent. Moi, j'ai très mal», quatre mois après son agression, le jeune homme raconte son quotidien

SOCIETE Quatre mois après son interpellation violente à Aulnay-sous-bois, Théo raconte son quotidien, les conséquences de ses blessures et souhaite la condamnation des quatre policiers…

F.H.

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Théo est sorti de l'hôpital le 16 février et a remercié ses soutiens dans une vidéo publiée sur Facebook.

Théo est sorti de l'hôpital le 16 février et a remercié ses soutiens dans une vidéo publiée sur Facebook. — Justice pour THEO

Il veut la justice. Quatre mois après son interpellation et sa très grave blessure au niveau de la zone rectale, Théo a raconté son quotidien à L’Obs, a livré sa version des faits et exprimé son état d’esprit. « Je veux aujourd’hui que les quatre policiers qui m’ont torturé, battu, insulté, enfoncé une matraque dans les fesses, soient condamnés pour les actes barbares qu’ils m’ont fait subir. »

Sale négro », « bamboula »

Le jeune homme de 22 ans explique que lors de l’interpellation – qui vaut aujourd’hui à u policier d’être mis en examen pour violet trois de ses collègues pour violences volontaires en réunion –, il était « penché » et a senti « mon pantalon tiré vers le bas. Celui qui est dans mon dos est armé d’une matraque. Il m’a frappé avec. Il me l’a rentré dans les fesses. »

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Théo affirme avoir été traité de « sale négro », de « bamboula ». Il poursuit : « Un agent croit que je saigne du “fion”. Ils rigolent. Moi, j’ai très mal. La douleur est intense. » Le jeune homme nie avoir livré des versions contradictoires de l’interpellation.

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Aujourd’hui, Théo, victime d’une déchirure anale de 10 cm et d’une perforation du colon, vit avec une poche. « Peut-être à vie », témoigne-t-il. Il affirme ne dormir que par tranche de 20 à 30 minutes, ne plus pouvoir jouer au foot. « Ma vie a changé. »