VIDEO. Voiture de police incendiée à Paris: Neuf suspects de l'attaque renvoyés en correctionnelle

SOCIETE Six personnes sont notamment jugées pour violences aggravées sur policiers en réunion et pour destruction volontaire…

20 Minutes avec AFP

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La voiture de police incendiée le 18 mai 2016 à Paris

La voiture de police incendiée le 18 mai 2016 à Paris — CYRIELLE SICARD AFP

Retour de flammes. Un an après la manifestation contre la « haine anti-flics » où une voiture de police avait été incendiée près de la place de la République, neuf personnes impliquées dans cette attaque seront jugées devant un tribunal correctionnel, relate l’AFP vendredi de sources proches du dossier, confirmant une information de Mediapart.

Violences et destruction

L’attaque avait provoqué un vif émoi, un fumigène avait enflammé le véhicule alors que deux policiers, sortis indemnes, se trouvaient à l’intérieur.

Alors que les neuf individus risquaient la cour d’assises pour tentatives de meurtre sur policiers, le parquet avait abandonné ces charges criminelles dans ses réquisitions du 12 mai. Les juges d’instruction ont signé leur renvoi en procès pour participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations.

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Six des personnes impliquées seront aussi jugées pour violences aggravées sur policiers en réunion ainsi que pour destruction volontaire. Les juges ont suivi l’avis du ministère public, sauf pour l’un des mis en examen que le parquet souhaitait aussi voir poursuivi avec les six personnes renvoyées pour les violences aggravées et la destruction volontaire, selon ces sources.

Les juges ont donc suivi l’avis du ministère public, sauf pour l’un des mis en examen, Leandro L., que le parquet souhaitait aussi voir poursuivi avec les six personnes renvoyées pour les violences aggravées et la destruction volontaire, selon ces sources.

« Il y a une ruse juridique du parquet qui utilise la participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations, pour en réalité requalifier l’association de malfaiteurs qui ne tient pas », selon Me Raphaël Kempf, avocat de la défense. Le ministère public tente ainsi de « punir quelque chose qui est antérieur » à l’attaque proprement dite, en exploitant cette nouvelle qualification créée en 2010 contre les groupes de jeunes de banlieue, estime l’avocat. Quelques heures après les faits, quatre hommes âgés aujourd’hui de 19 à 33 ans, dont certains proches de la mouvance « antifasciste », étaient identifiés, grâce au témoignage anonyme d’un policier infiltré sur place. La défense avait dénoncé un procédé déloyal, démontrant selon elle la précipitation des enquêteurs.

Le plus jeune des quatre, Angel Bernanos, était alors soupçonné d’avoir attaqué la voiture puis un policier avec une barre de fer. Placé un mois en détention provisoire, il a finalement été mis hors de cause dans les violences, après l’arrestation d’un autre suspect qui a reconnu les faits. Le parquet a en revanche obtenu le renvoi pour les violences de son frère aîné, Antonin, qui a fait dix mois de détention provisoire et nie les faits. « C’est, une fois de plus, un dossier médiatisé par le politique et couvert par l’instruction qui refuse de tirer les conclusions de non-lieu qui s’imposent », a réagi leur avocat, Jérémy Assous. L’enquête, qui s’appuie notamment sur des images de vidéosurveillance et la téléphonie, a permis d’identifier en tout cinq hommes, dont un suspect pour le jet du fumigène. Mais ce dernier, né en 1989 et qui réside en Suisse, ne s’est pas présenté quand il a été convoqué pour sa mise en examen. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

Sur les neuf protagonistes renvoyés en procès, trois sont encore placés en détention provisoire.