VIDEO. Que sait-on de l'agression d'un policier à Notre-Dame de Paris?

TERRORISME Un homme a agressé un policier avec un marteau sur le parvis de Notre-Dame avant d’être neutralisé par les forces de l’ordre…

Anissa Boumediene, Caroline Politi

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L'enquête sur l'attaque au marteau d'un policier devant Notre-Dame de Paris le 6 juin 2017 se concentre sur le profil de l'assaillant.

L'enquête sur l'attaque au marteau d'un policier devant Notre-Dame de Paris le 6 juin 2017 se concentre sur le profil de l'assaillant. — SIPA

« Au nom d’une idéologie criminelle, on s’en prend aux forces de l’ordre mais on aurait aussi pu s’en prendre aux touristes », a déploré lors d’un rapide point presse le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Ce mardi après-midi, une vaste opération de police a été menée sur le parvis de Notre-Dame de Paris après l’agression d’un policier. Alors que l’hypothèse terroriste est privilégiée, une perquisition s’est déroulée dans la soirée dans une résidence étudiante de Cergy dans laquelle le suspect, un étudiant algérien de 40 ans, louait un studio. Selon LCI, une vidéo de revendication et d’allégeance à Daesh a été retrouvée.

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L’assaillant se revendique « soldat du califat »

Vers 16 h 20, un homme - se présentant comme un étudiant algérien et muni d’une carte dont l’authenticité doit être vérifiée - a ciblé une patrouille de trois policiers en faction devant l’édifice religieux et a asséné à l’un d’eux un coup de marteau. Selon le ministre de l’Intérieur, l’agresseur serait arrivé par-derrière et aurait crié « C’est pour la Syrie » au moment de porter le coup. Un second policier a immédiatement riposté et neutralisé l’assaillant. Des couteaux de cuisine ont été retrouvés sur lui.

L’agresseur du policier aurait revendiqué être « un soldat du califat », se réclamant ainsi du groupe Etat islamique, rapporte franceinfo.

Gérard Collomb a salué la « bonne réaction » des policiers, sans laquelle une attaque bien plus grave était à craindre.

Le policier a été légèrement blessé au cou, sans que ses jours ne soient en danger. « Le policier se porte bien, ses blessures ne sont pas trop graves », a précisé le ministre. Son agresseur, blessé au thorax par les tirs de riposte, a été conduit à l’hôpital de la Salpêtrière (13e arrondissement). Son pronostic vital n’a pas encore été communiqué.

La section antiterroriste du parquet de Paris a immédiatement ouvert une enquête en flagrance, notamment en raison du mode opératoire de l’attaque et des propos vraisemblablement tenus par l’assaillant. Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Perquisition dans une résidence étudiante de Cergy

Une perquisition était en cours mardi soir dans une résidence étudiante de Cergy (val-d’oise), dans laquelle le suspect louait un studio, a constaté une journaliste de l’AFP. Une quinzaine de membres de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI - une unité d’élite de la police), cagoulés et lourdement armés, fouillaient encore à 22 h 00 un studio situé au rez-de-chaussée de cet immeuble flambant neuf.

Une demi-douzaine de véhicules de la BRI et de la police nationale étaient stationnés à proximité de la résidence, située à l’écart du centre-ville. L’opération a démarré vers 20 h 00, a déclaré une source policière à l’AFP. « On pense que c’est un point de chute » de l’assaillant, « né en 1977 et de nationalité étrangère », a précisé cette source. Interrogés par l’AFP, la plupart des locataires, des étudiants, ont indiqué ne pas le connaître. Un seul s’est souvenu d’un homme « très discret », qui « habitait là depuis un an et demi ou deux ans ».

Le public confiné dans la cathédrale

La préfecture de Police de Paris a invité le public à éviter le secteur. Un témoin a rapporté avoir entendu « crier très fort », puis vu « un mouvement de foule ». « Les gens ont paniqué, j’ai entendu deux coups de feu, vu un homme étendu par terre, du sang partout », a-t-il ajouté.

Un périmètre de sécurité a été installé sur le parvis de Notre-Dame, tandis que 350 à 400 personnes ont été confinées à l’intérieur de la cathédrale. Certaines d’entre elles, témoins de la scène, pourraient être reconvoquées ultérieurement pour des interrogatoires. La brigade de recherche et d’intervention (BRI) est sur place pour sécuriser le secteur.