Aux Lilas, « le médecin s'est vraiment engagé »

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Publié le 18 janvier 2008.

REPORTAGE - Rencontre avec Maria, 14 ans, et Sabrina, mère de trois enfants...

Maria*, 14 ans, est arrivée en urgence mardi soir à la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis). Enceinte de douze semaines, la limite légale pour avorter en France, la jeune fille venait d'essuyer deux refus d'hôpitaux situés dans le même département.

«On ne peut rien faire pour vous»

«A chaque fois, les médecins ont regardé l'échographie et nous ont dit : "On ne peut rien faire pour vous." On espérait trouver une réponse et on repartait sans explication. C'était comme si on vous disait d'aller crever », raconte un ami de Maria, venu l'accompagner dans ses démarches. Une fois arrivé à la maternité des Lilas, le jeune homme n'avait plus vraiment d'espoir.

Et pourtant... L'établissement est l'un des deux seuls en France avec une maternité de Roubaix à avoir récemment mis en place un accueil et un rendez-vous dédiés aux femmes souhaitant avorter. Quelque 1 300 IVG y sont pratiquées chaque année, dont un quart est réalisé entre dix et douze semaines de grossesse.

«Trop de médecins sont encore réticents»

Au deuxième étage, chambre 28, Sabrina*, mère de trois enfants, vient de prendre un traitement pour avorter. « Mes convictions religieuses font que ce moment est très difficile à vivre. Mais le personnel a réussi à dédramatiser ça », note-t-elle. « Trop de médecins sont encore réticents et lancent des phrases insidieuses aux patientes, qui culpabilisent, regrette Frédérique Goualard, sage-femme. Comment peut-on faire la morale à une femme et savoir à sa place ce qui est le mieux pour elle ? »

L'ami de Maria s'enthousiasme : « On a été écoutés. Un réel dialogue s'est instauré. Le médecin s'est vraiment engagé. » Le médecin en question, c'est le Dr Marie-Laure Brival, chef de service du centre d'orthogénie des Lilas, qui affirme se battre chaque fois qu'il le faut pour faire accepter « l'IVG comme une nécessité des temps modernes ».

« Ici, aucun médecin n'a signé de clause de conscience pour refuser de pratiquer les avortements, notamment à partir de la dixième semaine », explique-t-elle. Preuve que le système fonctionne, les femmes qui ont avorté ici reviennent pour y accoucher. Un fait rarissime dans les autres hôpitaux.

*Les prénoms ont été modifiés

Carole Bianchi
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