Les annonces de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, pour la Seine-Saint-Denis, hier à Saint-Denis, ont fait l'unanimité chez les élus du département. « C'est la réponse à tout ce qu'on avait demandé à Villepin lorsqu'il est venu nous voir au lendemain des émeutes de 2005 », témoigne Hervé Bramy, président (PCF) du conseil général. Entre autres, trois unités territoriales seront créées dans des quartiers sensibles de Clichy-Montfermeil, Saint-Denis et La Courneuve, dès le mois de mars. Seule ombre au tableau, beaucoup d'élus d'opposition, comme Claude Dilain (PS), maire de Clichy-sous-Bois, ont vu dans cette mesure le retour de la police de proximité, supprimée en 2002.
Un rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité, paru en juillet, avait dénoncé « un climat d'insécurité permanent » en Seine-Saint-Denis, qui a le deuxième plus haut taux de criminalité de France après Paris. Pour « améliorer le lien police-population sur le terrain », la ministre a souhaité des policiers « mieux intégrés, plus disponibles ». Ainsi, les effectifs du département seront déchargés de la sécurité des grands événements, comme les matchs du Stade de France ou les Salons du Bourget. Et des travailleurs sociaux seront recrutés dans cinq nouveaux commissariats (un seul en possédait jusqu'alors). Les déroulements de carrière accélérés pour les agents choisissant de travailler dans les secteurs difficiles, les aides au logement et à la vie quotidienne, ainsi que la création d'un concours de recrutement exclusivement francilien annoncés hier sont « des avancées », pour le syndicat Unsa-93, qui réclame néanmoins une « prime ».