La statue de la place de la République à Paris.
La statue de la place de la République à Paris. - CHAUVEAU/SIPA

Macron, place de la Bourse ? Poutou, place des Fêtes ? Le choix d’une place parisienne un soir de victoire à l’élection présidentielle n’a rien d’anodin.

Le 5 mai 2002, Jacques Chirac qui bat Jean-Marie Le Pen se rend place de la République, pour la célébrer : « La voici debout, fière, fidèle à ses valeurs, présente, forte et rassemblée ». En 2007, Nicolas Sarkozy rassemble, lui, sur une place marquée à droite, Concorde, là où le Général de Gaulle prononce son discours au lendemain de la Libération. Enfin, le 6 mai 2012, François Hollande célèbre la victoire place de la Bastille, en référence à celle de François Mitterrand en 1981.

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Et cette année ? 20 Minutes a posé la question à l’entourage des candidats et à Géraldine Texier-Rideau, historienne et auteur de Places de Paris 19e-20e siècles pour éclairer nos pronostics.

Emmanuel Macron

« Nous n’en savons encore rien. Laissons passer le premier tour », lâche-t-on dans l’entourage du candidat En Marche, qui sera porte de Versailles le 23 avril. Notre pronostic : Nation. Géraldine Téxier-Rideau est mitigée. « Vers 1880, un concours pour la conception d’un monument à la gloire de la République est lancé. Jules Dalou perd face aux frères Morices car sa statue est jugée trop en mouvement, en marche. A défaut de République, son monument est donc installé à Nation ». Selon elle, cela pourrait être symbole pour Macron, mais en 2017, elle juge cette place, « trop excentrée » et actuellement en plein réaménagement. Elle mise sur la place de la République.

Marine Le Pen

« Nous n’avons aucune info pour le moment. On décidera de ça dans l’entre-deux tours », nous indique-t-on au Front National. Notre pronostic : Opéra. Géraldine Téxier-Rideau n’y croit pas. « Si elle gagne, elle deviendra la présidente de tous les Français et devra sûrement délaisser les codes et symboles traditionnels frontistes comme cette place ou Jeanne d’Arc ». Elle mise sur Concorde.

Jean-Luc Mélenchon

Pas de réponse de son équipe de campagne. Notre pronostic : République. Géraldine Téxier-Rideau est d’accord. « C’est désormais la place de Paris et de la France. Moins chargé symboliquement que Bastille, c’est le lieu par excellence du rassemblement qui mélange lieu de passage et commémoration. Elle est connue du monde entier et permet d’avoir des images aériennes très scéniques. De plus, c’est une des places les plus "faciles" à sécuriser ».

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François Fillon

Pas de réponse de son équipe de campagne. Notre pronostic : Concorde. Géraldine Téxier-Rideau est d’accord. « Depuis le 19e siècle, cette place est le symbole de l’ouest parisien. Et elle a été au fur et à mesure marquée par la droite », note Géraldine Texier-Rideau. De Gaulle en 1944, manifestations anti-1968, Sarkozy en 2007, la place est chargée en symboles gaullistes. « Sans oublier qu’elle est grande et permet de rassembler la foule », ajoute-t-elle.

Benoit Hamon

Pas de réponse de son équipe de campagne. Notre pronostic : Bastille. Géraldine Téxier-Rideau est mitigée. « Depuis 1981 et la victoire de François Mitterrand, c’est la place parisienne des socialistes. Benoit Hamon peut avoir envie de s’inscrire dans cette tradition ou au contraire de la briser », dit-elle. Elle mise sur Hôtel de Ville. « Il est soutenu par la maire de Paris, Anne Hidalgo, et ensemble ils pourraient à cet endroit, rassembler les valeurs d’un nouveau PS ».

Philippe Poutou

« La question ne pose pas », répond-on dans l’entourage du candidat du NPA. Notre pronostic : La place dépendra de la manifestation du jour. Avant le débat à onze, Philippe Poutou s’était par exemple rendu sur le parvis de l’Hôtel de Ville pour défendre les 315 salariés JCDecaux.

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Nicolas Dupont Aignan

Selon son entourage, Il n’y aura pas de célébration de la victoire dans la capitale, pour Nicolas Dupont-Aignan, qui sera quoi qu’il arrive le 7 mai prochain dans son fief de Yerres dans l’Essonne. il ne sera pas chez lui, ni à la mairie, mais « dans la ville », nous indique-t-on sans préciser une place particulière.

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Nathalie Arthaud

Pas de réponse de son équipe de campagne. Notre pronostic : Aubervilliers, dans son lycée Le Corbusier.

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François Asselineau

« Nous n’avons pas la réponse à la question », évacue-t-on dans le camp du candidat de l’Union populaire républicaine (UPR). En tant que défenseur de la sortie de la France de l’Union européenne, de l’Euro et de l’OTAN, on le voit bien fêter sa victoire le 7 mai, loin de Paris et de la France. Pourquoi pas à Trafalgar Square, à Londres ?

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Jean Lassalle

Pas de réponse de son équipe de campagne. Notre pronostic : dans sa ville natale de Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques), avec ses proches.

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Jacques Cheminade

Pas de réponse de son équipe de campagne. Alors, forcément, on a envie de dire… Mars. Pardon.

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