Illustration d'une manifestation LGBT.
Illustration d'une manifestation LGBT. - Middlebrook / SIPA

Ce jeudi matin, Emilie Dauby est pressée. La militante transgenre a rendez-vous à l’hôpital pour subir une opération du nez à la suite d’une fracture. La conséquence d’une violente agression, le 5 avril dernier, devant le local de l’association nationale transgenre, dont elle est la responsable pour la région Ile-de-France. « J’ai également l’arcade sourcilière fendue, une minerve car les cervicales ont été touchées et évidemment des hématomes au niveau du visage », détaille la victime, âgée de 59 ans. Elle a écopé au total de onze jours d’ITT.

L’agression s’est déroulée dans le 3e arrondissement de Paris, en pleine journée, alors que la militante de 59 ans se rendait à la brasserie, située face au local associatif. « J’étais en train de traverser la rue sur le passage piéton quand un motard a déboulé à toute vitesse et a failli m’écraser. Je l’ai alors traité de connard », confie-t-elle. Le chauffard gare sa moto, en descend, s’approche de sa victime.

Un violent coup de poing au visage

« Quand il a vu que j’étais transgenre, ça a été un déferlement d’insultes: Sale pédé, sale travelo… », se remémore-t-elle. Elle tente alors de se réfugier dans le café mais l’homme lui assène un violent coup de poing en plein visage. « Je n’ai rien vu arriver, je me suis retrouvée à terre. » Selon son récit, un client de l’hôtel aurait également empêché son agresseur de lui donner des coups de pied. Ce sont ces mêmes clients qui ont mis en fuite le motard, dont le visage était dissimulé par un casque intégral. Plusieurs témoins ont néanmoins relevé son numéro de plaque d’immatriculation.

Elle a porté plainte auprès du commissariat du 3e arrondissement pour « coups et blessures volontaires en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre » et « agressions verbales ». En 2016, SOS Homophobie a enregistré 63 témoignages d’actes transphobe. Emilie Dauby, elle, n’avait jamais été victime d’un tel déchaînement de violences auparavant. « Il y a une dizaine d’années, au début de ma transition, j’ai reçu une baffe, mais ça n’avait rien à voir avec ce que j’ai vécu la semaine dernière », assure-t-elle. Les insultes, en revanche, sont fréquentes. « Il y a encore du travail... », soupire la militante.

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