«Légitimant le djihad armé», une mosquée de Torcy fermée par arrêté préfectoral

ETAT D'URGENCE Le préfet de Seine-et-Marne a pris lundi un arrêté préfectoral pour faire fermer la mosquée Rahma à Torcy, soupçonnée de représenter « une menace grave pour la sécurité »…

Caroline Politi

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Mosquée Rahma à Torcy

Mosquée Rahma à Torcy — Google Street View

« Des prêches ouvertement hostiles aux institutions, aux lois républicaines, à la laïcité. » Des fidèles « appelés à prier pour les djihadistes du monde entier ». Les Occidentaux, chiites et juifs « présentés comme des ennemis à combattre ». La mosquée Rahma, à Torcy, en Seine-et-Marne, a fait l’objet lundi d’une fermeture administrative, dans le cadre de l’état d’urgence. Ce lieu « de référence influent de la mouvance salafiste, prônant un islam rigoriste, représente, par les propos qui y sont tenus et par son influence, une menace grave pour la sécurité et l’ordre public », a justifié le préfet de Seine-et-Marne dans son arrêté de lundi. La fermeture est effective immédiatement.

Ce lieu de culte, installé depuis 2003 dans des préfabriqués, rassemblait jusqu’à 500 fidèles à l’occasion de la prière du vendredi. « La mosquée était devenue un lieu où étaient prônées une idéologie radicale ainsi que des incitations au djihad », a indiqué dans un communiqué le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, rappelant qu’il s’agissait de la troisième mosquée fermée depuis le début de l’année.

Prosélytisme et soutien à la cellule Cannes-Torcy

Selon l’arrêté préfectoral, le prosélytisme de l’imam « s’exerce également au sein des établissements scolaires où il a enseigné », notamment auprès de jeunes élèves de confession musulmane. Il souligne par ailleurs que les responsables religieux ont apporté leur soutien aux fidèles de la mosquée mise en cause dans l’enquête sur la cellule terroriste « Cannes-Torcy ». Le procès de ce mouvement djihadiste, présenté par les services antiterroristes comme l’une des plus dangereuses opérant en France depuis les attentats de 1995, doit s’ouvrir le 20 avril.

Une perquisition administrative a été menée au domicile de l’imam en début de matinée, puis à la mosquée.