La randonnée roller du dimanche réunit des milliers de participants
La randonnée roller du dimanche réunit des milliers de participants - «Rollers & Coquillages»

Un nouveau dimanche sans patins. « On ne comprend toujours pas », s’exclame Stanislas de Germay, vice-président de Rollers et Coquillages, l’association qui organise depuis près de vingt ans dans la capitale, la célèbre sortie dominicale, réunissant gratuitement des milliers personnes.

Début mars, la préfecture de police de Paris a en effet décidé de ne plus assurer la sécurité de cette manifestation qui se déroule aussi le vendredi soir, sous la houlette de l’association Pari Roller. La préfecture confirme auprès de 20 Minutes de ne plus « pouvoir encadrer l’événement » en « raison d’un manque d’effectifs » et de « la forte mobilisation de la police sur des missions prioritaires « Depuis, on ne peut plus rouler », déplore Stanislas de Germay.

Une sortie encadrée par « quatre agents »

Jusqu'ici, la balade était encadrée par « un minimum de quatre agents de police sur l’ensemble du tronçon. Trois sur des scooters à l’avant, un véhicule fermait la voie et nous encadrions les côtés », poursuit Stanislas De Germay. Désormais, les rollers sont rangés au placard.

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Pour continuer de rouler, son association a pourtant essayé de proposer des solutions: alternance des deux sorties, ne plus publier le parcours à l’avance ou encore former les encadrants à la gestion de crise. Mais toutes les idées ont été retoquées par la préfecture, qui invite davantage à se déporter vers des « circuits fermés », au bois de Boulogne, à Vincennes ou sur les quais de Seine « Ce n’est pas l’esprit de cette manifestation où l’on rentre et sort quand on veut », commente Stanislas de Germay. Même constat pour David, 43 ans, membre de l’association depuis quinze ans.

« Un lien social important »

« La randonnée roller est vecteur de lien social. On y retrouve tous les âges, toutes les professions. Les gens se mélangent autour de l’effort et du partage et c’est important en ce moment », note-t-il. Pour lui, cette décision « ne fait que déplacer le problème ». « Ce n’est pas en interdisant des événements que l’on va résoudre le problème du terrorisme », déplore-t-il. Tous espèrent que les lignes bougent rapidement.

« Nous travaillons depuis vingt ans en bonne intelligence avec la préfecture, nous comprenons qu’ils ont une charge de travail importante mais quatre personnes pour nous encadrer, ce n’est pas indécent. Aujourd’hui, nous voulons que les randos rollers reprennent et oublier ce fâcheux épisode ». Des élus montent au créneau.

Des élus et la mairie réagissent

Fin mars, à la suite de « l’interdiction incompréhensible des randonnées en rollers à paris » des élus du groupe écolo de Paris ont interpellé la préfecture. Une pétition a également été lancée et a été signée par plus de 10.000 personnes.

De son côté, en fin de semaine dernière, la mairie de Paris a adressé un courrier à la préfecture. « Déplorant » la situation, les adjoints Jean-François Martins, Christophe Najdovski, Colombe Brossel et Frédéric Hocquard, demandent dans ce courrier - que 20 Minutes a pu consulter – de « reconsidérer cette décision ».

Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris en charge du sport et du tourisme, « déplore ces récentes annulations, qui privent les familles et les passionnés de rollers de leurs balades sportives et ludiques ». « Nous demandons que ces randonnées qui font partie de l’âme de Paris, de sa vie sportive et de sa renommée internationale, soient au plus vite réautorisées », note-t-il. Une réunion entre la mairie, la préfecture de police et les organisateurs est prévue la semaine prochaine.

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