Le Chesnay, le 7 avril 2017. Mitt Romney et sa femme Ann, un couple américain mormon, prêt à se présenter  une deuxième fois aux présidentielles en 2020.
Le Chesnay, le 7 avril 2017. Mitt Romney et sa femme Ann, un couple américain mormon, prêt à se présenter une deuxième fois aux présidentielles en 2020. - C.ANGER

La France compte environ 38.000 mormons. Mais, le nombre de pratiquants réguliers tomberait à 12.000, selon un prêtre de cette obédience en Ile-de-France. Dans quelques semaines, un temple mormon sera consacré au Chesnay, à trois kilomètres du château de Versailles (Yvelines). Au sein même des mormons, il faut montrer patte blanche pour pouvoir y pénétrer. Car si l’église est un lieu de culte ouvert à tous, le temple se découvre selon la pratique du croyant.

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Pour les enfants, l’accès au temple n’est autorisé qu’à partir de 12 ans, pour célébrer son baptême ou celui d’un ancêtre. Avant, ils profitent du jardin comme tout curieux désireux d’approcher « la maison du père céleste ».

Le temple mormon au Chesnay, le 7 avril 2017.
Le temple mormon au Chesnay, le 7 avril 2017. - C.ANGER

A l’âge de 18 ans, « une fois qu’ils ont gagné en maturité », les pratiquants peuvent pénétrer dans d’autres salles que celles des baptistères. Alors, la salle de scellement s’ouvre à eux, là où se joue un moment essentiel dans la vie d’un mormon : le mariage. « S’il n’est pas obligatoire, le mariage est recommandé pour l’évolution spirituelle », souligne Neil L. Andersen, un des représentants du collège des 12 apôtres de l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (SDJ).

Le couple à l’honneur

Les mormons croient en la réincarnation. Alors quand ils s’unissent, c’est pour la vie par-delà la mort. « Cette caractéristique renforce les liens familiaux », commente Gérald Caussé, évêque et président des mormons à travers le monde. L’engagement, pour ces fidèles, se traduit par de multiples actes. La « dîme » comme ils l’appellent, sans être obligatoire est pratiquée par les croyants. 

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Les mormons ignorent le carême connu chez les catholiques. Pour autant, « la mission du Christ se place au centre de notre religion » défend Gérald Caussé, adepte du Livre des Mormons. Une lecture qui a captivé Eric Vanhauvemat. Catholique de père en fils, il a mis fin à cette tradition. « J’étais choqué par le célibat du prêtre ! » Il s’est converti en 1992 à l’âge de 35 ans. Aujourd’hui retraité et marié avec une mormone, il se délecte de rappeler que « l’homme n’est pas sans la femme et la femme n’est pas sans l’homme ».

D’être mormon suppose, selon Ephraïm et Solène Petion, « de tenter de ressembler au Christ ». Ce couple de trentenaire prie tous les jours. « Cela nous permet de ressentir la bonne décision », décrivent-ils. Ephraïm précise nouer des relations avec des amis athées ou issus d’autres confessions. Sa religion n’a, de ce fait, selon lui, « rien de sectaire ».

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Une secte?

Si la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) ne considère pas les mormons, comme une secte, l’UNADFI (Union nationale de défense de la famille et des individus) pointe certaines « dérives sectaires ».

« C’est une religion très exigeante et il y a un point d’emprise important sur les fidèles », explique à 20 Minutes, Marie Brilhon, membre du bureau et présidente de la section des Yvelines. « Il y a notamment un contrôle de la vie et de la liberté de penser, un embrigadement des enfants et une exigence financière », ajoute-t-il. La « dîme » comme ils l’appellent, oblige en effet les fidèles à reverser 10 % de leur revenu à l’église. Selon Marie Brilhon, « certains se privent pour assurer ce don d’argent. Et les dirigeants vérifient attentivement si la dîme est payée ».

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