Garges, le 20 mars 2017. Dans un de ces immeubles, Zyed ben Belkacem avait élu domicile.
Garges, le 20 mars 2017. Dans un de ces immeubles, Zyed ben Belkacem avait élu domicile. - C.an

Lif, surnommé Bouboule, habite depuis 1971 Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Ziyed Ben Belgacem, Bouboule le connaissait. Rencontré au centre commercial tout proche du logement de l’assaillant de l’aéroport d’Orly, l’homme de 51 ans a des choses à dire. Pour lui, si Ziyed Ben Belgacem en est venu à vouloir tuer et se tuer, « c’est parce qu’il n’a pas trouvé d’écoute ni reçu d’aide humaine ». Bouboule poursuit s’il « a pété un câble, la goutte d’eau, c’était le contrôle de police ».

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La drogue et l’alcool n’ont été, selon le quinquagénaire à la veste en cuir, qu’un « moyen de s’extraire de problèmes familiaux et professionnels ». Bouboule dénonce un Etat démissionnaire. « On nous a laissés dans les halls. L’Etat nous a abandonnés », répète-t-il, aux portes du centre commercial.

Pour ce Franco-Algérien issu de la deuxième génération, le manque d’équipements et de moyens humains est criant à Garges. « Heureusement qu’on a ce centre commercial ici, sinon, quoi faire ? », soupire un passant. Pour Maria – « stupéfaite d'apprendre que c'était un Gargeois... » –, ce centre commercial, est loin d’être idéal. « J’y vais pour rendre service à une personne âgée qui habite le quartier mais sinon, je n’y mets pas les pieds. »

Sangida se rend à l’aéroport avec « appréhension »

Ziyed Ben Belgacem était Français d’origine tunisienne. Sarah* partage les mêmes origines. Lorsqu’elle a appris l’attaque d’une femme militaire par un homme dont elle est presque voisine, elle a « insulté » sa communauté. Cette artiste de 47 ans se décrit comme « bien intégrée dans la société et par conséquent, bien à Garges. » Toutefois, elle l’atteste, la nuit, elle se sent « obligée de rentrer en taxi », et le matin elle « regarde derrière elle ».

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Ada est arrivé à Garges en 1976. En quarante ans, il a remarqué un changement dans les comportements. « Maintenant, il faut faire attention. Les jeunes sont moins calmes. Depuis l’arrivée des caméras de vidéosurveillance, les contrôles de police sont moins fréquents. »

Sangida, 22 ans habite un immeuble voisin de celui de l’assaillant de samedi, à quelques centaines de mètres du commissariat. Cette employée de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle s’étonne qu’une attaque ait pu se dérouler dans un aéroport. « C’est étonnant », déclare-t-elle. Alors, ce lundi, elle se rend à son travail avec « une certaine appréhension ». À l’arrêt de bus, une femme enceinte attend, elle habite la commune depuis quelques mois. « Garges ou ailleurs, c’est pareil partout. N’importe qui peut vous attaquer. »

* Ces prénoms ont été modifiés

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