Des militaires de l'opération Sentinelle patrouillent à Roissy-Charles-de-Gaulle, le 18 mars 2017.
Des militaires de l'opération Sentinelle patrouillent à Roissy-Charles-de-Gaulle, le 18 mars 2017. - SIPA

« Un professionnalisme et un sang-froid remarquable ». C’est ainsi que Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, a désigné les trois militaires de l’opération Sentinelle pris pour cible samedi matin à l’aéroport d’Orly par Ziyed Ben Belgacem. A 8 h 22 précisément, dans le terminal sud, cet homme de 39 ans a tenté de s’emparer du Famas de l’une d’entre eux, caporal-chef sur une base aérienne à Nancy, décrite comme particulièrement expérimentée.

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« Ils patrouillaient en "pointe avant", c’est-à-dire un devant, deux derrière, quand ils ont été pris pour cible », précise un haut gradé de l’armée de l’air. La militaire se trouve à l’arrière lorsque l’assaillant pointe sur sa tempe une arme de poing. Une bagarre s’engage. Pendant deux minutes, elle tente de se dégager de son emprise pendant que les deux autres militaires essayent de le « raisonner ». « Quand ils ont vu que c’était absolument impossible,ils ont tous les deux tirés dès qu’ils ont eu la possibilité de le faire. Le but n’était pas le tuer, mais de le neutraliser. » Une autopsie est en cours.

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Hospitalisée à l’hôpital militaire

Si la militaire agressée ne souffre d’aucune blessure physique, elle a été admise « en état de choc » dans un hôpital militaire pour une assistance psychologique. « Pour l’instant, elle n’a pas d’arrêt de travail à proprement parler, mais il paraît évident qu’elle ne va pas retourner immédiatement sur le terrain », nous précise-t-on. Cette technicienne de l’armée de l’air, avec une dizaine d’années d’expérience, a également été entendue à plusieurs reprises par les autorités.

Les trois militaires qui composaient cette patrouille – le chef d’équipe, un sous-officier, mécanicien sur une base aérienne, la militaire agressée et un « navigateur » réserviste – effectuaient leur deuxième mission Sentinelle au moment de l’agression. Le trio avait effectué une formation spécifique – le stage Griffon – en début d’année. Fin janvier, ils avaient déjà effectué 15 jours de mission à l’aéroport d’Orly. Cette nouvelle mission devait s’achever dans quatre jours. « Les deux autres membres sont également particulièrement marqués par les événements, ils sont suivis psychologiquement. »

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